1 à 2 appels de détresse psychologique à la police par jour

1 à 2 appels de détresse psychologique à la police par jour

En novembre 2017, la Régie intermunicipale de police Roussillon a demandé l’aide du groupe d’intervention tactique de la Sûreté du Québec pour sortir une femme barricadée dans son logement. Celle-ci avait tenu des propos menaçants envers elle-même.

Crédit photo : Le Reflet - Archives

Chaque jour, les policiers de la Régie intermunicipale de police Roussillon sont confrontés à des appels impliquant des enjeux de santé mentale et de détresse psychologique (suicide, tentative de suicide, état mental perturbé, etc.). Entre 2014 et 2017, ils en ont reçu un à deux par jour.

Selon les données recueillies pour cette période par le porte-parole de la police, François Michaud, il y a eu une faible augmentation du nombre total des appels liés à la santé mentale.

«Je vois une tendance claire, mais en même temps, c’est dur d’isoler la détresse psychologique parce que ce n’est pas toujours l’objet de l’appel. Une introduction par effraction peut comporter un volet de santé mentale, mais il ne sera pas ventilé comme ça chez nous», explique-t-il.

Or, en ce qui concerne les appels pour suicides et tentatives de suicide, les données demeurent stables pour les trois années recensées.

M. Michaud remarque cependant une hausse dans le transfert de personnes en crise. En d’autres mots, la police «réfère plus de gens à l’hôpital» pour qu’ils soient soignés.

Cadre légal

Selon la loi P-38, si une personne a commis une infraction criminelle ou qu’elle est un danger pour elle ou pour autrui, la police peut exiger qu’elle se fasse évaluer à l’hôpital par un psychiatre ou un médecin.

Autrement, les agents n’ont pas de leviers légaux pour intervenir et ne peuvent contraindre une personne à obtenir des soins contre son gré.

«C’est triste quand on ne réussit pas à convaincre les gens d’obtenir des soins, mais ils ont aussi des droits», souligne M. Michaud.

«Si la personne appelle parce qu’elle pense qu’elle est sous surveillance gouvernementale, on va faire appel à nos partenaires (CLSC, organismes communautaires) parce que comme police, on ne peut rien faire», poursuit-il.

Collaboration avec la santé publique

Le directeur adjoint des programmes santé mentale et dépendance du CISSSMO Montérégie-Ouest, Martin Tétreault, indique que son département n’a pas les ressources nécessaires pour introduire des travailleurs sociaux dans les équipes de patrouille. Or, il souligne qu’il existe une entente de collaboration entre la police et son service, notamment sur le programme de Prévention des homicides conjugaux à risque élevé (P.H.A.R.E.).

«Cette entente vise le déploiement d’une intervention rapide et concertée dans les situations à haut risque d’homicide conjugal et intrafamilial. En situation d’urgence, la police nous appelle et, après évaluation, on envoie un travailleur social ou un psychologue sur place», fait-il savoir.

Dans le cas d’événements tragiques tels que la mort du bambin de 2 ans à Saint-Constant en 2016 ou de l’assassinat de deux personnes âgées à Sainte-Catherine en 2017, les policiers demandent d’être accompagnés de travai

Comme agent aux relations communautaires de la Régie intermunicipale de police Roussillon, François Michaud est celui qui fait le pont entre la police et les organismes d’aide.

lleurs sociaux pour faire la tournée du quartier.

«On le fait pour le suivi d’enquête, mais aussi pour permettre aux gens d’obtenir de l’aide s’ils en sentent le besoin», indique François Michaud, agent aux relations communautaires.

Pas comme à Montréal

Le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) a créé l’unité Réponse intervention de crise (RIC) après la mort de Mario Hamel, un sans-abri souffrant de maladie mentale abattu en 2011 alors qu’il menaçait les agents avec un couteau.

«On sait qu’il y a une corrélation entre l’itinérance et la santé mentale. Sur le territoire du Roussillon, nous sommes moins exposés à cette clientèle», explique François Michaud.

Un comité provincial chapeauté par le ministère de la Sécurité publique étudie les interventions policières sur les personnes présentant un problème de santé mentale dans le but de mettre à jour le guide des pratiques policières.

Ce comité a notamment mis sur pied une formation sur la désescalade (désamorcer une situation de crise) qui sera prochainement donnée aux agents du Roussillon.