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L’urologue de Châteauguay n’avait pas fait un suivi d’examen

Décès de Danielle Wolfe 


Publié le 12 avril 2017

Danielle Wolfe, de Saint-Rémi, est décédée d'un cancer incurable le 25 octobre 2016.

©Photo TC Media-Archives

L’urologue de Châteauguay Richard Sioufi a reconnu hier devant le Collège des médecins ne pas avoir fait le suivi adéquat dans le dossier médical de Danielle Wolfe, cette femme de Saint-Rémi décédée d’un cancer du rein incurable diagnostiqué trop tard.   

Danielle Wolfe entourée d'Annick Hall, de son fils Alexandre, d'Anne-Marie Décoste et de Louise Lemaire-Ouaked. Elle s'est impliquée de nombreuses années au Relais pour la vie de Châteauguay.
Photo TC Media-Valérie Lessard

Dr Sioufi a plaidé coupable à la plainte déposée contre lui au conseil de discipline du Collège des médecins du Québec. Selon les documents de la plainte, le médecin a négligé de faire le suivi des résultats d’un test qu’il lui avait prescrit. «Le rapport signé le 23 février 2007 concluait à la présence tumorale probablement maligne du pôle supérieur du rein gauche», indique-t-on dans la plainte.  En raison du mauvais suivi, la prise en charge du cancer du rein dont Mme Wolfe était porteuse a été retardée, fait-on valoir dans la plainte. Le Conseil de discipline du Collège des médecins a pris la cause en délibéré pour déterminer la peine.

C’est inacceptable qu’un professionnel de la santé fasse ça. Je vais mourir parce que quelqu’un n’a pas fait sa job.

Danielle Wolfe, en 2014

Une vie chamboulée

Dans une entrevue qu’elle a accordée au journal Le Soleil de Châteauguay en 2014, l’ancienne directrice du Centre d’action bénévole de Châteauguay avait raconté que son cancer incurable a été diagnostiqué en 2013, soit six ans après le test effectué par Dr Sioufi. «J’ai eu l’impression que le plancher s’ouvrait, c’était fou. J’ai pleuré pendant trois mois et ce n’est pas une figure de style. C’est inacceptable qu’un professionnel de la santé fasse ça. Je vais mourir parce que quelqu’un n’a pas fait sa job», a-t-elle confié à l’époque.

En 2014, Mme Wolfe et sa famille avaient intenté une poursuite de 1,5 M$ contre le Centre de santé et de services sociaux Jardins-Roussillon et le docteur Sioufi. En préparant son dossier de poursuite, elle a consulté un spécialiste de la santé qui lui a confirmé que si elle avait été prise en charge dès 2007, elle aurait eu 90 % de chance de guérir. Le dossier s’est réglé hors cour. 

«Mon rêve dans la vie maintenant, c’est de pogner 60 ans», avait-elle confié avec émotions il y a trois ans. Son souhait ne s’est malheureusement pas concrétisé. Danielle Wolfe s’est éteinte le 25 octobre 2016, à l’âge de 57 ans.

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