La directrice d’Exporail prend sa retraite

Après 25 ans à la tête du musée


Publié le 13 avril 2017

Parmi ses réalisations dont elle est la plus fière, Marie-Claude Reid cite le pavillon Angus qui abrite une partie de la collection.

©TC Media – Denis Germain

Celle qui a présidé aux destinées du musée Exporail à titre de directrice générale durant 25 ans, Marie-Claude Reid, quittera ses fonctions le 1er juin. Le Reflet s’est entretenu avec elle.  

Est-ce que la décision a été difficile à prendre ?  

Le succès ne vient pas seul. Il vient toujours avec les gens qui ont cru et voulu développer avec vous les mêmes orientations.

Marie-Claude Reid, directrice générale d’Exporail

«C’est une institution que j’affectionne énormément. Je ne prévoyais pas la quitter du jour au lendemain. J’avais informé mon conseil d’administration, il y a deux ans, qu’à mon 25e anniversaire de direction j’allais prendre ma retraite.»

 

Qu’est-ce qui vous a attiré chez Exporail pour avoir décidé d’assumer la direction du musée ?

«Mes points d’intérêt ont toujours été la muséologie, l’histoire et le tourisme. Je viens de Beauharnois et je voulais travailler en muséologie dans la région de la Montérégie. Enfant, j’avais visité avec l’école Exporail. Puis, les astres se sont alignés. J’étais directrice dans une autre organisation et ça me tentait d’avoir un nouveau défi. Exporail m’offrait cette opportunité. C’est une fois embauchée que j’ai vu l’ampleur et les possibilités que la collection du musée pouvait offrir.»

 

Le départ à la retraite de la directrice générale d’Exporail, Marie-Claude Reid, a été salué par le président du conseil d’administration de l’Association canadienne d’histoire ferroviaire et d’Exporail, C. Stephen Cheasley.

©Photo gracieuseté

En quoi consistaient vos fonctions au musée ?

«À mon arrivée, ma principale tâche était de déterminer avec le conseil d’administration, les employés et les bénévoles qu’elles étaient les orientations du musée et ses buts à atteindre afin que l’institution puisse se développer. On m’a embauchée pour faire d’un rêve une réalité.

Quand j’ai débuté, il y avait seulement trois employés permanents. Aujourd’hui, le musée en compte 9 et 140 bénévoles. Je devais notamment m’occuper des travaux de préservation des collections, des expositions, du développement des programmes éducatifs pour les écoles, de la planification du budget, de la gestion des ressources humaines, etc.

 

Est-ce normal pour un musée de l’ampleur d’Exporail de fonctionner avec peu de ressources permanentes ?

«La différence avec les autres musées, c’est que nous occupons un créneau très spécial. Pour offrir une expérience ferroviaire aux visiteurs – déplacement des locomotives et des wagons, balades en tramway, etc. – ça nous prend des bénévoles [qui ont une connaissance du chemin de fer]. C’est un autre univers complètement séparé de la muséologie. Faire de la mécanique de véhicule, c’est ça qui est particulier au créneau. Le taux de roulement chez nos professionnels est très bas et l’équipe des bénévoles est très stable depuis longtemps. Ça nous permet de faire beaucoup de projets, de développement, parce qu’on n’est pas obligé de recommencer la roue.

Le succès d’une personne qui assume un leadership est de s’entourer de gens et de développer avec eux une confiance, de reconnaître leur potentiel. C’est ce que je retrouve avec des bénévoles et des employés extraordinaires.»

 

Qu’est-ce qui vous plaît dans les trains ?

«Ce que j’aime, ce sont les locomotives à vapeur, le romantisme et les voyages qu’elles représentent. Les plus jeunes ont une passion pour les locomotives au diésel. Peu importe les véhicules de la collection, on peut tout couvrir avec eux: l’art décoratif, la technologie, le développement, l’histoire et le tourisme. On a des collections de vêtements, de vaisselles, d’œuvres d’art, des documents d’archives, des photos. On peut parler de tous les sujets.»

 

Quels sont les défis qui attendent Exporail ?

«Le numérique prend une place importante dans le développement de tous les attraits culturels et touristiques et les musées ne font pas exception. Il faut développer le côté numérique de notre produit, mais en le dosant. On veut rejoindre davantage de visiteurs de l’extérieur via les nouvelles technologies numériques, mais aussi faire en sorte que les visiteurs viennent voir les pièces originales. Nous devrons continuer d’investir pour développer le site du musée et investir dans la préservation et la mise en valeur de notre collection afin d’attirer davantage le public.»

 

 

Nadine Cloutier succèdera à Marie-Claude Reid.

©Photo gracieuseté

Lègue, succession et propriété

Parmi les principales réalisations de Marie-Claude Reid, on compte la construction de deux bâtiments (dont le pavillon Angus), la restauration de plusieurs véhicules ferroviaires, de nombreuses expositions permanentes et itinérantes ainsi que des projets présentés à l’étranger.

La nouvelle directrice qui succède à Mme Reid, Nadine Cloutier, cumule 20 ans d’expérience en muséologie dont huit à Exporail. Elle a successivement occupé les postes de coordonnatrice au service à la clientèle et à l’éducation et de directrice des opérations. Titulaire d’une maîtrise en anthropologie de l’Université de Montréal, elle prépare actuellement un certificat en gestion d’entreprise à HEC Montréal.

L’organisme fondateur, propriétaire et gestionnaire d’Exporail qui a vu le jour en 1961, est l’Association canadienne d’histoire ferroviaire (ACHF).

 

Exporail en chiffres

188 : nombre total de véhicules (ex.: locomotives, wagons, tramway).

15 000 : nombre d’objets reliés au domaine ferroviaire.

10 000 : nombre d’ouvrages portant sur l’histoire du transport au Canada de 1780 à nos jours. À cela s’ajoutent près de 275 fonds d’archives.