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Vol de lait maternisé pour le marché noir

Dans la région du Roussillon


Publié le 16 mai 2017

En raison de son prix élevé, les préparations de lait pour bébés feraient l’objet d’un marché noir dans la région.

©Depositphotos

Les vols de préparations lactées destinées aux nourrissons dans les pharmacies et marchés d’alimentation font réagir. Certains y voient un geste désespéré de parents qui veulent nourrir leur bébé. D'autres croient plutôt que c’est l’œuvre de trafiquants de drogue qui se serviraient des préparations en poudre pour «couper» la cocaïne.

Depuis 2016, six vols dans des établissements situés sur le territoire de distribution du Reflet et totalisant 2 588$ se sont produits. Questionnée à ce propos, la Régie intermunicipale de police Roussillon suspecte plutôt le travail de malfaiteurs intéressés à écouler la marchandise volée sur le marché noir.

Des propriétaires de pharmacies à Montréal ont retiré des tablettes le lait maternisé. Les clients doivent demander au laboratoire pour s’en procurer.

Stéphane Guérin, administrateur de deux succursales Jean Coutu à La Prairie et celle de Delson

«En raison de la quantité dérobée, nos enquêteurs croient qu’il s’agit de receleurs qui tenteraient de revendre ce lait à d’autres pharmacies ou à des particuliers. Le lait maternisé coûte extrêmement cher (ex: une trentaine de dollars pour un pot de 663 g de préparation en poudre). Dans certains cas, le lait en poudre sert à couper la cocaïne, mais ici, on soupçonne l’existence d’un réseau de revente du lait», explique Raphaël Emond-Fiset, responsable des relations avec les médias à la Régie.  

S’il existe un réseau, il serait des plus localisés, car la Sûreté du Québec (SQ) ne rapporte aucun incident de ce genre en Montérégie.

Même propos du côté du Complexe le partage qui vient en aide aux familles démunies.

«Nous n’avons pas entendu de rumeurs concernant un réseau de vol de lait maternisé. Ici, les personnes qui ont des bébés et qui nous ont été référées par le CLSC peuvent se procurer du lait maternisé via notre banque alimentaire. Je crois que les personnes qui le volent le font pour le revendre au noir, parce que c’est un produit qui est cher», mentionne Cathy Lepage, directrice générale du Complexe.

 

Vol dans une pharmacie

L’individu qui est soupçonné d’avoir volé du lait maternisé au Provigo à Delson, les 14 et 18 avril, aurait aussi sévi à la succursale Jean Coutu de la même municipalité, selon Stéphane Guérin, administrateur de cette pharmacie.
Gracieuseté - Régie intermunicipale de police Roussillon

Le Reflet rapportait dernièrement sur son site web le cas d’un suspect qui aurait volé à deux reprises, en avril, du lait maternisé au marché d’alimentation Provigo à Delson. Or, il semble que ce suspect ait aussi sévi dans une pharmacie Jean Coutu située dans la même municipalité.

«Le vol s’est passé il y a peut-être trois ou quatre semaines. On a reconnu la photo de l’individu que vous avez publiée. Sur nos caméras de vidéo, on le voit partir sans payer avec deux gros sacs remplis de lait maternisé en poudre. Il a embarqué rapidement dans une auto où il y avait deux personnes», témoigne Stéphane Guérin, administrateur de deux succursales Jean Coutu à La Prairie, en plus de celle à Delson.

Ce dernier n’a pas rapporté le vol à la police.

«C’est fou, mais les gens n’ont pas idée comment on se fait voler dans le commerce de détail. Je ne vous direz pas que c’est quotidien, mais de façon hebdomadaire, le vol à l’étalage est un fléau dans nos pharmacies. On a pris des mesures pour éviter que ça se répète», ajoute M. Guérin.

Il croit que le malfaiteur a agi pour le compte d’un réseau.

«À la quantité qu’il a volée, c’est sûr que c’est pour servir à d’autres bébés», commente-t-il.  

Si certaines pharmacies ou marchés d’alimentation de la région ont reçu la visite de voleurs – c’est le cas du marché Maxi à Saint-Constant où deux individus ont sévi en mars –, d’autres ne sont pas concernés par ce phénomène.

«Ce n’est pas un problème qui nous touche, ni quand on en parle entre collègues», déclare Mathieu Janelle, copropriétaire de la pharmacie Uniprix à Saint-Constant.

Idem du côté du marché d’alimentation IGA Extra Vallée à Candiac. Il doit composer toutefois avec le vol à l’étalage d’autres produits. 

 

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