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Une Candiacoise a eu la peur de sa vie

Ouragan Irma aux îles Turks & Caicos


Publié le 11 septembre 2017

Ginette Lanoue

©Photo tirée de Facebook

La propriétaire d’Artoun Traiteur à Candiac, Ginette Lanoue, fait partie des Canadiens pris aux îles Turks & Caicos ravagées par l’ouragan Irma. Celle qui espérait passer des vacances relaxantes au Club Med a vécu le pire cauchemar de sa vie, pensant même que son heure avait sonné.

Les résidents de l’hôtel ont obtenu nourriture et eau avant de se retirer dans leur chambre le jeudi après-midi. Le personnel avait pris soin de placarder les fenêtres de planches de bois pour protéger les occupants.

Je ne suis plus en vacances, je suis dans un camp de réfugiés.

Ginette Lanoue

La tempête s’est déclenchée vers 20h et les vacanciers ont été sur le qui-vive toute la nuit.  

«Au plus fort de la tempête, on entendait les choses revolées partout, raconte Mme Lanoue. Je ne pourrai jamais oublier ce bruit. Le vent était tellement intense, qu’on pensait que la porte allait arracher. On s’était barricadés dans la salle de bain de notre chambre et ça s’est finalement arrêté vers 4 heures du matin, vendredi.» La Candiacoise dit que c’est un miracle qu’elle soit encore en vie.

Si la structure de béton de l’établissement a tenu le coup, les endroits à aires ouvertes ont été complètement ravagés. Même debout, les murs sont gorgés d’eau et d’humidité. La température ambiante oscille autour de 40 degrés Celsius. Une salle à manger de fortune a été aménagée dans la salle de théâtre, puisque l’ancienne a été rasée.

«On réussit à avoir de la nourriture tous les jours, mais les conditions sont vraiment difficiles, dit-elle. L’île est un désastre, les locaux pleurent beaucoup parce qu’ils n’ont plus rien. C’est vraiment triste.»  

Pas de plan d’évacuation

Arrivée à destination le 28 août, Mme Lanoue devait repartir après dix jours. Lorsqu’elle a eu vent de ce qui s’en venait, elle a fait des demandes pour partir, mais il n’a pas été possible de quitter l’île.

«On a vraiment l’impression d’avoir été oubliés, rage-t-elle. Aux nouvelles, on voyait les gens se faire évacuer de Cuba, de la République Dominicaine, mais rien ne bougeait ici. On voyait ce qui s’en venait et on a été pris en otage.»

Lundi après-midi, la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a affirmé que le gouvernement travaillait d’arrache-pied pour ramener les Canadiens en sécurité au pays.

Mme Lanoue, qui est arrivée avec la compagnie aérienne American Airlines, a finalement pu rentrer au bercail mardi.