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Lettre ouverte : S’entendre pour réformer la démocratie québécoise

Publié le 10 mai 2017

drapeau du Québec.

©TC Media

Qu’on le regarde sous tous les angles, arithmétiquement, le Parti libéral du Québec est condamné à exercer le pouvoir en raison de la concentration géographique de ses appuis traditionnels. Cela lui confère, minimalement, une cinquantaine de circonscriptions électorales.

D’un système politique à deux formations principales, les Québécois ont migré vers le multipartisme depuis quelques années, concrétisant une offre politique variée. La montée de l’Action démocratique du Québec en 2003 et 2007, l’arrivée de Québec solidaire en 2006, le mariage entre l’ADQ et la Coalition avenir Québec en 2012 et la naissance d’Option nationale, sans oublier les Verts, illustrent ce multipartisme, dont l’une des conséquences est de favoriser une réélection pratiquement systématique des libéraux.

Depuis le dernier scrutin de 2014, la convergence des formations souverainistes tente de jeter les bases d’une éventuelle collaboration.

Or, l’important fossé idéologique entre Québec solidaire et le Parti québécois rend précaire une telle convergence sur la perspective d’un mandat complet de gouvernement, surtout en l’absence d’une perspective référendaire à court terme.

Un constat similaire se confirme entre le PQ et la CAQ. Outre certains objectifs communs en matière d’identité, d’intégrité et de nationalisme économique; la social-démocratie et le conservatisme fiscal sont des notions éloignées. Si René Lévesque a réussi avec la naissance du Parti québécois à rallier des acteurs de l’ensemble du spectre politique, force est de constater qu’un tel résultat est aujourd’hui illusoire.

Battre les libéraux ne semble pas être un objectif assez fort pour concrétiser, dans l’immédiat, une convergence des forces d’opposition au Québec; tous ayant espoir de faire croître ses intentions de vote afin de devenir l’alternative naturelle au gouvernement en place.

La question est donc de savoir si un projet rassembleur et névralgique pour la démocratie québécoise pourrait concrétiser un rapprochement des partis d’opposition.

Développer un renouveau démocratique au Québec, soit un vaste chantier qui inclurait la réforme du mode de scrutin, le rôle des élus, le parlementarisme, le processus de nomination, la probité gouvernementale et la lutte à l’évasion fiscale, peut devenir ce projet rassembleur.

Il est prioritaire de renouveler les fondements démocratiques du Québec, surtout dans le climat actuel. Jamais n’a-t-on vu autant d’enquêtes et d’allégations troubles en matière de corruption. Le système démocratique doit être renouvelé si on souhaite vraiment nettoyer et corriger les failles éthiques de notre gouvernement.

Pour y arriver, les principaux partis d’opposition doivent définir une entente temporaire afin d’occuper le pouvoir et exécuter une telle réforme démocratique.

Si les partis d’opposition souhaitent véritablement chasser les libéraux et ainsi mettre en branle l’un des plus importants chantiers démocratiques de l’histoire du Québec, ils doivent absolument s’entendre le temps d’un court mandat réformateur.

Le Parti québécois de La Prairie tend donc la main aux instances locales de Québec solidaire et de la Coalition avenir Québec pour réfléchir en profondeur sur ces enjeux.

 

Pierre Langlois

Ex-candidat du Parti québécois dans La Prairie