Sections

Des baptêmes religieux célébrés par des femmes


Publié le 4 avril 2017

Margot Gauthier a été nommé par l’évêque pour être ministre extraordinaire des baptêmes à la Paroisse de la Nativité de la Sainte-Vierge.

©TC Media – Denis Germain

Depuis quelques années aux Paroisses de la Nativité à La Prairie et Saint-Constant, des enfants peuvent être baptisés par des femmes, qui sont nommées ministre extraordinaire du baptême.

Elles célèbrent ce sacrement lorsque les prêtres ne sont pas disponibles. «Avec la diminution des prêtres en paroisse, ça permet d’offrir plus de dates pour les baptêmes», indique Johanne Colpron, coordonnatrice des activités paroissiales à la Paroisse Saint-Constant.

Cette Paroisse a recours à un ministre extraordinaire du baptême depuis plusieurs années. Ce sont toujours des femmes qui ont occupé ces fonctions. Lucie Maheux est la 3e a être nommée par l’évêque dans ce poste. Elle remplace une collègue en congé de maladie.

«Certaines personnes tiennent à ce que ce soit un prêtre qui célèbre. Je respecte leur opinion. D’autres sont venus me féliciter après la célébration. Certains m’ont même appelée madame la prêtre», indique-t-elle.

C’est un beau cadeau de la vie de pouvoir faire vivre cette célébration à ces jeunes bébés.

Lucie Maheux, ministre extraordinaire du baptême à la paroisse Saint-Constant

Mariée, Mme Maheux a deux enfants de 24 ans et 21 ans. Elle a une formation comme enseignante en adaptation scolaire.

À la Paroisse de la Nativité de la Sainte-Vierge, Margot Gauthier célèbre des baptêmes depuis un an. «La première fois, j’étais inquiète de prendre la parole pour l’homélie. Finalement, ça s’est bien passé. Les gens sont venus me dire que la célébration était belle», soutient-elle.

Mme Gauthier ajoute que des parents ou autres qui ont participé au baptême viennent la voir pour se faire bénir. «Sur le coup, j’ai été surprise et je me suis demandé si j’avais le droit. J'ai ensuite pensé aux parents qui bénissent au jour de l’An», dit-elle.

Ouverture aux femmes

En nommant des femmes pour célébrer des baptêmes, l’église montre une ouverture, mais il reste encore du chemin avant qu’elles accèdent aux fonctions de prêtres, croient les ministres extraordinaires de baptême des deux paroisses.

«Beaucoup de femmes font du bénévolat à l’église. Mais avant d’atteindre le diaconat [être diacre] ou le sacerdoce [être prêtre], ça va prendre encore du temps pour convertir les mentalités. L’église n’est pas encore prête», soutient Mme Gauthier.

De son côté, Mme Maheux soutient que le Diocèse Saint-Jean-Longueuil, dont font partie les Paroisses de Saint-Constant et de la Nativité de la Sainte-Vierge, est avant-gardiste. «J’ai de la famille en Beauce. Il ne croyait pas mon père quand il leur a dit que j’avais été nommée ministre extraordinaire du baptême. Les mentalités sont différentes. Je suis fière de participer au projet qui peut ouvrir des portes aux femmes», affirme-t-elle.

Majorité de femmes

Au Diocèse Saint-Jean-Longueuil, auquel sont rattachées les Paroisses Saint-Constant et de la Nativité de la Sainte-Vierge, neuf ministres extraordinaires du baptême sont nommés dans les différentes paroisses. De ce nombre, sept sont des femmes.

Ministre des funérailles

À la Paroisse Saint-Constant, il y a aussi une ministre des funérailles. Depuis cinq ans, Johanne Hébert Colpron célèbre à l’occasion de funérailles lorsque le prêtre n’est pas disponible.

«Je trouve que c’est vivant de rencontrer les familles et de vivre ce moment important avec eux. On célèbre le passage d’une personne dans leur vie», soutient-elle.

Une demande est envoyée à l’évêque chaque année pour reconduire la nomination de Mme Hébert Colpron.