La Prairie refuse de prolonger son réseau d’aqueduc en zone agricole


Publié le 4 avril 2017

Au total, 260 résidences de la zone agricole à La Prairie n’ont pas l’eau courante.

©Photo TC Media - Archives

Les citoyens du secteur agricole à La Prairie qui souhaitaient que le réseau d’aqueduc se rende à leur résidence essuient un refus de la Ville.

Les résidents des rues de la Bataille, Johanne, Mailloux et du chemin de la Bataille Nord ont reçu une lettre de La Prairie leur indiquant qu’elle n’ira pas de l’avant avec leur demande. Les résidents de ces rues s’approvisionnent en eau grâce à un puits privé.

C’est inquiétant de ne pas avoir accès à l’aqueduc, surtout en cas d’incendie. La plupart des maisons sont entourées d’arbres.

Francine Audet, résidente de la rue de la Bataille

Dans sa lettre, la Ville chiffre les coûts estimés par propriété pour les raccorder au réseau d’eau potable. Deux options ont été analysées. La première répond à la suggestion des citoyens de s’approvisionner au réseau de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu. Or, elle n’est pas réalisable.

«Une rencontre s’est tenue en décembre entre les services du génie des deux Villes. Leur analyse technique démontre que le réseau d’aqueduc de Saint-Jean-sur-Richelieu ne possède pas la capacité de desservir [le] secteur rural», peut-on lire.

Il faudrait, selon La Prairie, construire un nouveau réservoir d’eau potable à la limite des deux villes pour répondre à la demande. Mais aucun terrain municipal n’est disponible.

La Ville a également évalué la possibilité de les raccorder à partir du réseau qui se termine à l’autoroute 30.

Elle précise que puisque ce ne sont pas tous les propriétaires qui souhaitent être raccordés, le coût pourrait être plus élevé.

«Bien que préliminaires, ces calculs démontrent l’ampleur des coûts du projet», conclut La Prairie dans sa lettre.

Des citoyens déçus

«C’est une façon élégante de se débarrasser de nous et de notre demande. C’est l’impression que j’ai», soutient Ginette Hatin, résidente de la rue de la Bataille depuis 45 ans.

«On a un puits dans notre résidence secondaire et on n’a jamais manqué d’eau. Ici, il faut faire attention et calculer sa consommation», affirme une autre résidente de la rue de La Bataille, Francine Audet.

Elle se désole que la Ville investisse dans certains secteurs de la municipalité, mais pas pour que tous les citoyens aient accès à de l’eau potable.

Les résidentes sont déçues que la Ville n’ait pas fait de démarches pour obtenir des subventions provinciales ou fédérales dans ce dossier afin de diminuer les coûts.

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Coût par option

  • La Ville a estimé que les travaux coûteraient 2865$ annuellement durant 15 ans en raccordant les 155 résidences concernées au réseau de Saint-Jean-sur-Richelieu.
  • Pour l’option de raccorder les maisons à partir de l’autoroute 30, la dépense a été estimée à 3418$ annuellement pendant 15 ans par propriété. Cette option desservirait une quarantaine de maisons de plus que l’autre.