Billet d’humeur : mes sandales neuves

Billet d’humeur : mes sandales neuves

À ma deuxième journée

Voici le billet du 24 mai 2017 d’Hélène Gingras.

Faut-il souffrir pour être belle?

J’ai des nouvelles sandales. Délicates. Tout en argent. Avec un semblant de bijou de la même couleur qui passe par-dessus le pied, de la cheville aux orteils.

Des sandales de style romain. Chics. Qui me vont comme un gant. En apparence. Elles ont coûté 60$. Quand même. C’est ma collègue Marie-Claude qui me l’a dit. Parce que c’est elle qui les a achetées il y a quelques jours. Et qui me les a données.

Elle est incapable de les porter parce qu’elles la font souffrir. Elle les a amenées au bureau pour les offrir à quelqu’un. Au cas où l’une d’entre nous aurait une morphologie différente. La grandeur 7, c’est populaire chez les dames. C’est comme le groupe sanguin O. Presque universel. C’est ainsi des filles. On donne parfois au suivant. Plutôt que de les retourner au magasin.

Les sandales blessent là où elles passent entre le gros orteil et son voisin. J’ai été la première à les essayer. Et à m’en rendre compte. Illico. J’ai offert à Marie-Claude de les faire essayer aux autres Cendrillon du bureau. Et de me revenir si aucune n’en voulait. Ce fût le cas.  

Au premier abord, ce ne sont pas des sandales que j’aurais achetées. Mais voilà que je me suis surprise à les trouver belles. Et les autres à me dire qu’elles me vont comme un gant. En autant qu’on ne bouge pas d’un pouce.

Même assise, je me suis mise à éprouver un inconfort. On a toutes cherché comment mettre un diachylon ici ou là discrètement pour les rendre plus confortables. Endurables. En vain. Pour le moment.

J’ai quand même relevé le défi de les porter pendant un après-midi complet. En promettant à toutes mes collègues que j’allais les casser!

J’ai fini par accepter l’inconfort. À le trouver supportable. La bonne nouvelle, c’est que mes orteils n’étaient pas dans un si piteux état à la fin de la journée. Je m’attendais à une rougeur pire que celle-là.

J’ai dit à toutes que j’allais les remettre pour une journée complète. Puis, tout l’été. Le temps me dira si je pourrai m’y faire.  

En attendant, ce dont je suis sûre, c’est que ces sandales n’ont pas été dessinées une femme. Sinon, elle ne les a jamais essayées.