Billet : rare regret

Billet : rare regret

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Avez-vous des regrets?

Mes amis que j’adore ont aménagé une patinoire dans leur cour. Qu’Éric entretient religieusement tous les soirs. D’ailleurs, je le trouve beau, Éric, avec ses filles [et sa douce également] même si je ne lui ai jamais dit. Il prend un soin jaloux de chacune d’elles. Je l’ai vu très souvent les faire passer avant lui. Et même son travail et ses amis. C’est un papa aimant, dévoué tout entier. À sa famille. Bref, il est inspirant dans son rôle.

Pour en revenir à leur patinoire, ils m’ont invitée à donner quelques coups de patins dans leur cour. Pour célébrer la nouvelle année. Je n’allais pas rater cette occasion. En plus, j’étais en compagnie de ma nièce qui est sportive. C’est ainsi qu’on s’est retrouvé à jouer au hockey avec des mini-buts. Comme quand j’étais petite et que je jouais au hockey dans la rue avec les voisins de mon âge.

N’eût été que j’avais les orteils gelés après un moment, j’aurais continué à jouer pendant plusieurs heures. Tant j’avais du plaisir. Et que je renouais avec une activité que j’ai trop peu pratiquée.

Moi qui ai touché à presque tous les sports, je n’ai jamais joué au hockey sur glace. J’ai bien appris à patiner. Mais sur le tard. Avec des patins de gars, comme on dit. Mais j’aime bien. Il m’arrive en hiver d’aller arpenter l’anneau de glace situé à proximité de chez moi.

Mes uniques et plus lointains souvenirs de patinage durant ma jeunesse sont dans un aréna avec ma sœur Lucie. À LaSalle, je crois. S’accrochant tant bien que mal l’une à l’autre. Patinant sur la bottine. Peinant. Avec des patins artistiques. Mes parents ont dû croire que je n’avais aucun intérêt. Ni aptitude.

Je réalise aujourd’hui que si j’avais eu un meilleur coup de patin quand j’étais petite, j’aurais sans doute essayé le hockey sur glace. Ou plutôt la ringuette. Qui était le sport de prédilection des filles à l’époque. Je ne doute même pas que j’aurais eu la piqûre.

«Le regret est un amplificateur du désir.»

-Marcel Proust dans Albertine disparue

Je ne blâmerai pas mes parents ici pour ce rare regret. D’autant plus qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre. Sachant que Fernande Huot demande chaque fois qu’elle me voit de joindre sa ligue de hockey féminin.

L’année est jeune, comme on dit. Même si je vieillis et que mon horaire personnel est déjà bien rempli.