Billet : rendre service

Billet : rendre service

Je favorise le partage de ma voiture!

Crédit photo : Depositphotos

Est-ce qu’il vous arrive de rendre service à un inconnu?

Il y a quelque temps, j’ai décidé que j’allais offrir un lift à des gens qui semblent mal pris. Parce qu’on habite en banlieue. Simplement parce que j’ai la chance d’avoir une voiture. Avec laquelle je fais rarement plus de 13 000 kilomètres par année. Je me suis dit que c’est une façon pour qu’elle soit encore plus utile. Et moi aussi par le fait même.

C’est ainsi qu’une fois, j’ai dépanné une dame retraitée qui revenait à pied de faire ses courses. Et qui avait les bras surchargés de sacs. Je me demande toujours d’ailleurs comment elle aurait fait pour se rendre chez elle. Tant ses sacs étaient lourds et qu’elle se trouvait loin de chez elle. On a échangé pendant le trajet, pour découvrir que c’était la voisine de la mère de deux de mes collègues!

Un autre midi, j’ai secouru une dame qui venait de rater son autobus. Qui courait derrière les bras en l’air dans l’espoir que le chauffeur la voit dans son miroir. En vain. Même si je n’avais pas pris une telle résolution d’aider mon prochain avec ma voiture, j’aurais été incapable de la laisser dans cette situation. Tant elle semblait démunie. Découragée.

Je l’ai reconduite au terminus d’autobus à Delson. Qui était pratiquement sur mon chemin.

«Personne ne se lasse de recevoir un service. Or, rendre service est agir conformément à la nature.»

-Marc-Aurèle dans Pensées pour moi-même…

Je vous parle de mes histoires à succès. Mais ce n’est pas toujours concluant. À cause de la méfiance. De nos grosses villes qui favorisent l’anonymat. De notre éducation. Quand ma mère me disait de ne jamais monter à bord de la voiture d’un inconnu (avec raison). D’histoires d’horreur du passé. Du fait qu’on ne sait jamais à qui on a affaire.

Lundi matin, j’ai tout de suite eu le réflexe d’ouvrir ma fenêtre pour parler à un élève du secondaire qui venait de courir jusqu’au coin de la rue. Seul à l’arrêt, il semblait avoir raté son bus. On a échangé quelques mots. Je lui ai offert de le reconduire à l’école. Je le sentais sur ses gardes. Hésitant. Je n’ai pas insisté quand il a refusé.

Le fait que je sois une femme contribue sans doute au fait que je suscite moins de méfiance. J’en suis consciente. Mais ce n’est pas un gage absolu pour susciter une confiance immédiate.