Don de lait, don de vie

Don de lait, don de vie

Maryse De Montigny est d’avis qu’un seul don peut faire une différence.

Crédit photo : Le Reflet - Denis Germain

Avant même d’accoucher en février 2017,  Maryse De Montigny savait déjà qu’elle donnerait de son lait maternel à la banque publique d’Héma-Québec. À ce jour, elle a remis un peu plus de 6 litres de ce précieux liquide destiné aux bébés prématurés de 32 semaines et moins.

«C’est très émotif pour moi, confie la Sainte-Catherinoise de 31 ans. Le don de lait, c’est ma façon de montrer ma reconnaissance envers la vie d’avoir deux beaux enfants en santé et de pouvoir les nourrir.»

La mère au foyer a entendu parler du programme sur les réseaux sociaux. Elle aurait aimé pouvoir y adhérer lors de son premier accouchement en 2013, mais comme le programme était très récent, il n’était offert que dans quelques hôpitaux montréalais.

Maintenant que l’opération est mieux rodée, les femmes qui donnent la vie dans la grande région de Montréal et de Québec peuvent aussi donner du lait maternel. Un projet-pilote a également été mis sur pied en Estrie récemment.

«On ne nous met pas de pression quant à la quantité et la fréquence des dons, indique Mme De Montigny. On donne ce qu’on peut et quelqu’un vient chercher le lait à notre domicile.»

Pour des fins médicales

La majorité des mères qui accouchent prématurément ont de la difficulté à maintenir une production de lait suffisante pour leur enfant. Il arrive que la mère soit malade ou sous médication, ce qui l’empêche d’allaiter, affirme Héma-Québec.

L’objectif est de fournir du lait humain pasteurisé aux prématurés de 32 semaines et moins. Pour le moment, la banque réussit à répondre aux besoins des 29 semaines et moins.

«Comme une mère ne peut participer à la banque plus de 12 mois [après la composition de son lait change et ne comprend plus assez de nutriments pour le nouveau-né], il s’agit d’un perpétuel recommencement dans le recrutement», explique le Directeur des relations publiques d’Héma-Québec, Laurent-Paul Ménard.

Pour atteindre la cible ultime de 4000 litres recueillis annuellement, il faudrait que 400 mères donnent sur une base continue, selon lui.

«Le lait recueilli sert à prévenir une maladie qui touche le système digestif des prématurés et qui est très coûteuse à traiter», dit M. Ménard.

Processus de sélection

Pour assurer la sécurité des bébés qui recevront le don, Héma-Québec demande une entrevue téléphonique, un questionnaire santé et une analyse sanguine.

Aucune diète particulière n’est exigée, mais il faut être non-fumeuse.

Il faut également une recommandation du pédiatre de l’enfant de la mère donneuse pour assurer que cette démarche n’affecte pas son développement.

Maryse De Montigny n’a jamais eu de problème d’allaitement. Pour elle, l’extraction de son lait est un geste simple qui ne lui demande pas beaucoup d’efforts.

«Si mon bébé boit moins, saute un boire ou que je me sens engorgée, j’en profite pour exprimer mon lait, indique-t-elle. J’y vais vraiment selon mon confort et mon emploi du temps. Oui, il faut prendre des précautions lors de la manipulation des instruments pour ne pas contaminer le lait, mais autrement, c’est assez simple.»

Mme De Montigny estime qu’au même titre que le don de sang, le don de lait peut sauver des vies. D’où son intérêt à répandre la bonne nouvelle et faire connaître cette pratique.

Du don à la distribution

-source: Héma-Québec

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