La moitié des CPE et garderies inspectée une seule fois en cinq ans

Publié le 16 septembre 2015

©TC Media - Denis Germain

Plus de 1500 services de garde au Québec n’ont subi qu’une seule inspection du ministère de la Famille lors des cinq dernières années, révèlent des informations obtenues et analysées par TC Média.

«C’est nettement insuffisant et c’est catastrophique», s’insurge Suzanne Major, responsable du Certificat en petite enfance et famille à l’Université de Montréal.

Le nombre de places en service de garde a explosé ces dernières années au Québec. Citons pour preuve l’augmentation de 660% en 7 ans des places en garderies privées non-subventionnées, qui sont passées d’environ 7000 en 2008-2009 à 53 000 au 31 juillet 2005.

Idem pour les places en garderies privées subventionnées (+ 26%) et en CPE (+ 16%).

En revanche, le nombre d’inspecteurs, lui, stagne depuis des années, oscillant entre 42 et 46 depuis 2010. Ils étaient 44 en 2014-2015.

Même l’Association des garderies privées du Québec, dont les membres doivent être inspectés, dénonce le manque de ressources.

«Une quarantaine d’inspecteurs pour le réseau au complet, ce n’est pas assez, soutient Mona Lisa Borrega, porte-parole du regroupement. S’ils étaient plus nombreux, on pourrait faire un meilleur travail, on pourrait approfondir davantage les problèmes du système.»

Délais respectés selon le ministère

Les renouvellements de permis ayant lieu tous les cinq ans, «il se peut que, si aucune plainte n’a été logée depuis le dernier renouvellement, les services de garde n’aient reçu aucune inspection depuis 2010», confirme la porte-parole du ministère de la Famille, Nadia Caron.

Entre le 1er avril 2014 et le 31 mars 2015, le ministère a reçu 1098 plaintes déposées par des parents. De celles-ci, 822 ont été assignées pour traitement à la Direction de l’inspection.

Des parents inspecteurs ?

Selon Suzanne Major, responsable du Certificat en petite enfance et famille à l’Université de Montréal, les inspections sont primordiales pour garantir la qualité des services.

«Quand on regarde la formation du personnel dans les garderies puis les services de garde, on a des gens qui ont toutes sortes de formations possibles et imaginables, avec des cultures extrêmement diversifiées. Il faut de l'inspection, il faut du contrôle.»

La chargée de cours conseille au ministère de miser sur les parents pour surveiller le réseau des services de garde. Des grilles d’évaluation pourraient leur être fournies.

«Vous avez 80 enfants dans un CPE ? Eh bien vous auriez d’un coup 160 inspecteurs pour cet établissement», fait-elle valoir.

Malgré des demandes répétées d’entretien, le Syndicat de la fonction publique du Québec n’a pas été en mesure de nous accorder une entrevue avec un représentant des inspecteurs de services de garde.

Comment nous avons fait?
Le ministère de la Famille publie sur son site web les rapports d’inspection pour les garderies et les CPE. À l’aide d’un programme informatique codé par nos soins, nous avons extrait, à la fin du mois d’août dernier, l’ensemble des rapports depuis novembre 2009. Ces informations ne concernent que les inspections menées dans les centres de la petite enfance et les garderies. Le ministère ne publie pas les rapports d’inspection des services de garde en milieu familial.

Autant d’inspecteurs pour le bétail que pour les enfants

Ministère de la Famille du Québec

-      3 182 centres de la petite enfance et garderies privées à      inspecter

-      44 inspecteurs

-      72 établissements par inspecteur

-      Une inspection minimum tous les 5 ans.

 

Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec

-      14 925 établissements à inspecter

-      200 inspecteurs en bien-être animal

-      74 établissements par inspecteur

-      Une inspection minimum tous les 2 ans

En manchette

5,3 M $ pour rendre 130 autobus «intelligents»

Les autobus intelligents viennent de faire leur arrivée dans une dizaine de villes de la Rive-Sud. Une flotte de 130 véhicules équipés du système d’exploitation Rythmo permet aux usagers de connaître, en temps réel, le déplacement des autobus via une application mobile pour téléphones intelligents.

Pétition contre la pesée des élèves

Une pétition parrainée par le député de La Prairie Richard Merlini et déposée sur le site de l’Assemblée nationale demande au gouvernement de faire cesser la pesée dans les écoles.

La moitié des CPE et garderies inspectée une seule fois en cinq ans

Publié le 16 septembre 2015

©TC Media - Denis Germain


Plus de 1500 services de garde au Québec n’ont subi qu’une seule inspection du ministère de la Famille lors des cinq dernières années, révèlent des informations obtenues et analysées par TC Média.

«C’est nettement insuffisant et c’est catastrophique», s’insurge Suzanne Major, responsable du Certificat en petite enfance et famille à l’Université de Montréal.

Le nombre de places en service de garde a explosé ces dernières années au Québec. Citons pour preuve l’augmentation de 660% en 7 ans des places en garderies privées non-subventionnées, qui sont passées d’environ 7000 en 2008-2009 à 53 000 au 31 juillet 2005.

Idem pour les places en garderies privées subventionnées (+ 26%) et en CPE (+ 16%).

En revanche, le nombre d’inspecteurs, lui, stagne depuis des années, oscillant entre 42 et 46 depuis 2010. Ils étaient 44 en 2014-2015.

Même l’Association des garderies privées du Québec, dont les membres doivent être inspectés, dénonce le manque de ressources.

«Une quarantaine d’inspecteurs pour le réseau au complet, ce n’est pas assez, soutient Mona Lisa Borrega, porte-parole du regroupement. S’ils étaient plus nombreux, on pourrait faire un meilleur travail, on pourrait approfondir davantage les problèmes du système.»

Délais respectés selon le ministère

Les renouvellements de permis ayant lieu tous les cinq ans, «il se peut que, si aucune plainte n’a été logée depuis le dernier renouvellement, les services de garde n’aient reçu aucune inspection depuis 2010», confirme la porte-parole du ministère de la Famille, Nadia Caron.

Entre le 1er avril 2014 et le 31 mars 2015, le ministère a reçu 1098 plaintes déposées par des parents. De celles-ci, 822 ont été assignées pour traitement à la Direction de l’inspection.

Des parents inspecteurs ?

Selon Suzanne Major, responsable du Certificat en petite enfance et famille à l’Université de Montréal, les inspections sont primordiales pour garantir la qualité des services.

«Quand on regarde la formation du personnel dans les garderies puis les services de garde, on a des gens qui ont toutes sortes de formations possibles et imaginables, avec des cultures extrêmement diversifiées. Il faut de l'inspection, il faut du contrôle.»

La chargée de cours conseille au ministère de miser sur les parents pour surveiller le réseau des services de garde. Des grilles d’évaluation pourraient leur être fournies.

«Vous avez 80 enfants dans un CPE ? Eh bien vous auriez d’un coup 160 inspecteurs pour cet établissement», fait-elle valoir.

Malgré des demandes répétées d’entretien, le Syndicat de la fonction publique du Québec n’a pas été en mesure de nous accorder une entrevue avec un représentant des inspecteurs de services de garde.

Comment nous avons fait?
Le ministère de la Famille publie sur son site web les rapports d’inspection pour les garderies et les CPE. À l’aide d’un programme informatique codé par nos soins, nous avons extrait, à la fin du mois d’août dernier, l’ensemble des rapports depuis novembre 2009. Ces informations ne concernent que les inspections menées dans les centres de la petite enfance et les garderies. Le ministère ne publie pas les rapports d’inspection des services de garde en milieu familial.

Autant d’inspecteurs pour le bétail que pour les enfants

Ministère de la Famille du Québec

-      3 182 centres de la petite enfance et garderies privées à      inspecter

-      44 inspecteurs

-      72 établissements par inspecteur

-      Une inspection minimum tous les 5 ans.

 

Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec

-      14 925 établissements à inspecter

-      200 inspecteurs en bien-être animal

-      74 établissements par inspecteur

-      Une inspection minimum tous les 2 ans