Du rayon à la maison

Du rayon à la maison

La rapidité de commander sur le net versus le temps consacré aux emplettes dans le magasin incite les jeunes familles à opter pour l’épicerie en ligne selon Maryse Vallée

CANDIAC – Faire son épicerie en quelques clics de souris dans le confort de son foyer n’est pas l’apanage des gens pressés, affirme Alain Dumas, directeur principal aux affaires publiques chez Sobeys.

«Plus de la moitié de notre clientèle qui achète par Internet est composée de familles traditionnelles, soit deux parents avec enfants. Elles sont branchées et aiment faire leur épicerie le soir, à tête reposée, quand les enfants sont couchés», mentionne celui qui est également responsable du contenu numérique.

Pourtant, quand IGA a lancé l’achat en ligne en 1996, M. Dumas croyait que c’était de jeunes professionnels «éternellement pressés» qui allaient en profiter.

«On s’est vite aperçu que cette catégorie de clients préférait se déplacer plusieurs fois pour acheter au fur et à mesure», ajoute le principal intéressé qui a participé à la mise en place de ce service sur le net.

Maryse Vallée, copropriétaire avec son frère du marché IGA extra Vallée de Candiac, confirme l’engouement des jeunes familles pour l’achat en ligne.

«Faire l’épicerie le samedi matin entre deux cours, ce n’est pas évident. Si on sait que notre commande est prise en charge et qu’on peut la prendre en finissant de travailler, c’est déjà beaucoup plus facile», note-t-elle.

Respecter son budget

Pour Richard Hould, ce n’est pas l’économie de temps qui l’incite à remplir son panier en ligne, mais plutôt l’occasion de respecter son budget. Un avantage que ce père de deux enfants et son épouse apprécient.

«Lorsqu’on fait l’épicerie au marché, on peut se laisser tenter et rajouter des choses dans le panier. En achetant en ligne, on évite cela. On sait exactement ce qu’on met, ce dont on a besoin. Il n’y a plus de gaspillage. Quand notre commande est complétée, on la révise et on enlève les extras pour arriver au montant qu’on veut», raconte le Candiacois qui a commencé à faire ses courses sur le net avec l’arrivée de la succursale d’IGA extra Vallée dans sa municipalité en 2009.

S’il trouvait fastidieux d’effectuer ses achats sur le web au début, Richard Hould n’hésite pas aujourd’hui à louanger le site de son épicier.

«Avant, c’était aussi long de faire son épicerie en ligne que sur place dans le marché! Maintenant, ça me prend une dizaine de minutes», souligne-t-il.

Il reconnaît avoir rencontré certaines difficultés lors de ses premiers achats virtuels pour sélectionner des quantités de viande qu’il désirait.

«Il fallait que je comprenne à quoi équivalaient les portions de viande et de quelle manière elles étaient préparées. Il y a eu un ajustement à faire de ce côté-là, mais les gens du magasin sont très réceptifs. On s’est parlé beaucoup et maintenant ça va très bien», constate-t-il.

Les gens âgés, incluant ceux à mobilité réduite, constituent la deuxième tranche de clientèle qui transige sur le net. À cela s’ajoutent les petites entreprises, dont des garderies qui ont pris l’habitude de recourir au web pour leurs emplettes.

Augmentation

Chez Sobeys, on constate une tendance à la hausse des achats en ligne.

«Depuis les 5 à 8 dernières années, il y a une croissance de l’épicerie en ligne. Je parlerais de plus de 20% par année», déclare M. Dumas.

Quant à savoir quel pourcentage du chiffre d’affaires constitue ce type de transaction, impossible de le connaître, l’entreprise ne divulguant de données à ce propos.

«Ici, à Candiac, on en est à 10 commandes par semaine», indique pour sa part Maryse Vallée.

La transaction moyenne en ligne est de 150$.

Populaire?

Même si il connaît une progression, l’achat de denrées sur le net demeure marginal. Selon les données du Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations (CEFRIO), les articles de mode et de produits électroniques ont constitué la majorité des transactions de 2012 à 2015.

«On note en 2014-2015 que 9% des cyberacheteurs ont acheté en ligne un produit dans la catégorie Alimentation, santé beauté, comparé à 7 % en 2012-2013», mentionne Guillaume Ducharme, directeur des communications au CEFRIO.

Metro n’offre pas encore l’épicerie en ligne, mais s’y prépare. L’entreprise a commencé à investir dans les plateformes de commerce électronique. Aucune date n’a été avancée toutefois.

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