Danny Pepin a vendu des billets pour un souper fantôme

Coupable d’avoir enfreint la loi électorale

Joëlle Bergeron joelle.bergeron@tc.tc
Publié le 1 mars 2016

Danny Pepin, fils de l’ex-maire de Saint-Constant Gilles Pepin, se retrouve une fois de plus dans l’eau chaude.

©TC Media - Archives

La Cour du Québec a reconnu Danny Pepin, fils et organisateur politique de l’ex-maire Gilles Pepin, coupable d’avoir récolté des fonds pour une activité partisane qui n’a jamais eu lieu, le 1er février.

Selon les pièces produites, l’organisation politique a vendu 216 billets pour un souper spectacle le 30 mars 2008. Le montant total des ventes est de 5 400$ en argent comptant.

En consultant le bordereau de dépôt des sommes perçues pour l’activité, le vérificateur du Directeur général des élections du Québec (DGEQ) juge étrange qu’il y ait «essentiellement des coupures de 100$, bien que le coût unitaire du billet pour l’activité soit fixé à 25$». Le vérificateur trouve aussi étonnant qu’aucun billet n’ait été payé par chèque ou carte de crédit.

«Curieusement, malgré le nombre de billets transigés pour cette activité, le défendeur (Danny Pepin) n’a fait qu’un seul et unique dépôt. Même les états de comptes bancaires du parti ne nous permettent pas de retrouver des sorties de fonds en petites coupures qui auraient ainsi pu servir à remettre aux acquéreurs la monnaie exacte. Cette autre partie de la preuve est déconcertante», peut-on lire dans les documents légaux.

Même le parti n’est pas au courant

À l’audition devant le juge, Pierre Arcouette, Jean-Guy Villeneuve et Mario Arsenault (collaborateurs et candidat du parti) ont affirmé qu’ils n’avaient jamais entendu parler du souper spectacle. Par ailleurs, le 30 mars 2008, le personnel et les bénévoles étaient sur le pied d’alerte, puisqu’il s’agissait de la journée du vote par anticipation à la bibliothèque municipale.

Dans son témoignage, Michel Hébert, propriétaire de l’établissement où s’est déroulé l’événement présumé, ajoute qu’il n’a ni note ni souvenir de cette soirée.

Danny Pepin, qui n’a pas témoigné, a fait entendre son ami Michel Dulac. À l’époque des événements, celui-ci était propriétaire d’une boutique et ne demeurait pas dans la municipalité où devait se tenir l’élection. Le témoignage de M. Dulac a été jugé «illogique», «incohérent» et «sans grande valeur» par la cour.

Danny Pepin maintient sa version

Interrogé par le Journal, M. Pepin continue de marteler que l’événement a eu lieu. Il juge aussi normal que les trois collaborateurs de son parti ayant témoigné n’aient pas été mis au courant.

«Ça ne les regardait pas, a-t-il justifié. Le financement n’est pas une partie qui les touchait. C’était à moi de faire ça.»

«J’ai été condamné sur des preuves circonstancielles et non des preuves directes, a-t-il poursuivi. Ceux ayant témoigné n’étaient pas là et sont désormais nos pires ennemis politiques alors...»

Les parties ont pu déposer leur preuve documentaire pour la détermination de la peine le 11 février au Palais de justice de Longueuil. La cause est toujours en délibéré et la prochaine date d’audience n’est pas encore connue.

«L’amende devrait tourner autour de 1000$ et aller en appel m’en coûterait 4000$; le calcul est simple», dit M. Pepin qui ne compte pas contester.

 

Deux autres offenses

Danny Pepin a été condamné à payer une amende de 1500$ le 23 juin 2015. Il avait omis de transmettre au trésorier de la Ville le rapport financier du parti pour l’exercice se terminant le 31 décembre 2013, selon le DGEQ.

Le fils de l’ex-maire a aussi été reconnu coupable de fraude électorale en décembre 2012. Danny Pepin a remboursé en argent comptant une contribution politique de 800$ faite par chèque tout de suite après l'avoir reçue. Il a perdu le droit de voter et de faire du travail politique pendant cinq ans, en plus de devoir payer une amende de 1000$.