Décédé deux mois avant de recevoir sa sentence

Joëlle Bergeron joelle.bergeron@tc.tc
Publié le 29 avril 2016

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Trois victimes de viol et d’attentats à la pudeur n’obtiendront jamais réparation, puisque leur bourreau, Jean-Marie Rondeau, de Sainte-Catherine, est décédé avant de recevoir sa condamnation.

L’homme a rendu l’âme le 6 mars 2016 à l’âge de 80 ans, a confirmé le juge Bédard avant de clore le dossier au Palais de justice de Montréal vendredi. Celui qui avait reconnu sa culpabilité le 9 décembre 2015 devait recevoir sa sentence ce jour-là.

«Le plaidoyer de culpabilité demeure enregistré parce que l’accusé avait reconnu les faits, mais la peine tombe, indique l’avocat de la Couronne, Me Olivier Charbonneau. En matière criminelle, il n’y a pas de dédommagement pour la famille, donc le dossier s’arrête là.»

Interrogée par Le Reflet, une des victimes – que la loi nous interdit de nommer – est extrêmement déçue du dénouement et estime que justice n’a pas été rendue.

«Je comprends maintenant pourquoi les victimes hésitent à dénoncer, dit-elle. Ça prend tellement d’années avant que ça débloque, que c’est sûr que ça en rebute plusieurs. Si vous saviez le courage que ça prend pour aller jusqu’au bout des démarches… Mon seul regret est de ne pas avoir dénoncé plus tôt. Si je l’avais fait, peut-être que j’aurais eu la satisfaction de le voir aller en prison.»

Même après avoir plaidé coupable, M. Rondeau est demeuré en liberté.

Rappel des faits

Après l’enquête du Service de police de Montréal, huit chefs d’accusation avaient été portés contre M. Rondeau. Sur les six victimes dans ce dossier, trois avaient témoigné. Les personnes ayant subi des préjudices – deux sœurs et un frère – étaient âgées de 9, 10 et 12 ans au moment des crimes qui avaient débuté en 1959 et qui s’étaient échelonnés sur plusieurs années.

Dans des dossiers d’agression sexuelle, il est interdit de fournir des détails qui pourraient identifier les victimes.