Poursuite de 1 M $ pour un genou démoli à l’entraînement

Joëlle Bergeron joelle.bergeron@tc.tc
Publié le 20 mai 2016

Félix Bagg a été informé que sa carrière de football était terminée et qu’il ne pourrait jamais exercer un emploi physique, lit-on dans la poursuite.

©Photo tirée de Facebook

Des parents réclament un peu plus d’un million de dollars au Centre de performance APEX ainsi qu’à son copropriétaire et entraîneur Marc Carangi pour une importante blessure au genou qu’a subi leur adolescent entre les murs de l’établissement de La Prairie, le 11 avril 2015.

Avant l’événement litigieux, Félix Bagg s’entraînait depuis environ deux ans chez APEX.

En 2015, le joueur de football des Diablos aspirait à joindre les rangs des Grizzlys de Boucherville et s’entraînait en vue du camp de football MU-17 regroupant l’élite de la région.

«Lors d’un entraînement, le défendeur Marc Carangi a demandé à Félix Bagg de courir sur un tapis du genre «turf» avec un jeune sur son dos, accroché sur ses épaules, sur une distance de plus ou moins 10 mètres, aller-retour», peut-on lire dans la poursuite déposée le 29 avril au palais de justice de Longueuil.

Ce jeune sur les épaules du Saint-Philippien mesurait 6 pi 1 po et pesait plus de 220 lb, «soit beaucoup plus lourd que le poids de Félix Bagg», affirment les demandeurs.  

Selon eux, l’adolescent de 15 ans aurait endommagé gravement quatre des cinq ligaments de son genou droit en exécutant cet exercice. Le sectionnement du nerf péronier aurait également causé la luxation de son genou. Il a été transporté en ambulance à l’hôpital Anna-Laberge à Châteauguay.

Malgré les opérations, les chances que le nerf péronier de Félix redevienne fonctionnel sont minces et il restera avec des séquelles très importantes de l’accident, tant physiques que psychologiques. Extrait de la poursuite

Genou démoli

Au cours des mois suivants, la famille de Saint-Philippe affirme avoir rencontré de nombreux spécialistes en orthopédie et neurologie pour obtenir un diagnostic précis de la blessure.

Le 16 juin 2015, les demandeurs ont appris que «tout était brisé à l’intérieur du genou droit de Félix, que le ligament collatéral externe, le tendon du biceps femoris, les ligaments croisés antérieurs et postérieurs étaient sectionnés et qu’il y avait des fragments d’os multiples au niveau du plateau tibial», lit-on dans le document légal.

Félix a également été informé que sa carrière de football était terminée et qu’il ne pourrait jamais exercer un emploi physique.   

Le 9 septembre 2015, l’adolescent s’est fait reconstruire le genou à l’hôpital Sacré-Cœur à Montréal. Lors de cette intervention, le docteur n’a pu recoudre le nerf péronier, puisqu’il n’a trouvé qu’un seul bout. Le 22 septembre, le patient a subi une seconde opération neurochirurgienne.

Dommages réclamés

Le montant de la poursuite inclut entre autres des dommages pécuniaires (pertes de gains futurs) et non pécuniaires (douleurs, cicatrices et pertes de jouissance de la vie avant et après les opérations) chiffrés à 875 000$ pour l’adolescent.

Des dommages pour pertes de salaire, stress et frais médicaux de 106 549, 62$ pour le père, Richard Bagg et de 95 000$ pour la mère, Michelle Sonier, sont aussi réclamés.

Interrogés, Richard Bagg et Marc Carangi ont respectivement référé le Journal à leurs avocats.