Policier de la SQ reconnu coupable de six chefs d'accusation

Faux document, méfait public, fraude


Publié le 3 février 2017

Le sergent-détective Jean Barbeau est à l'emploi de la SQ depuis 11 ans.

© TC Média Pierre-Olivier Girard

Un policier de la Sûreté du Québec de la MRC Beauharnois-Salaberry a été reconnu coupable de six chefs d'accusations pour avoir fait disparaître volontairement son véhicule GMC Sierra pour en récolter les assurances.

Le jugement rendu le lundi 30 janvier au palais de justice de Longueuil par le juge Pierre Bélisle concerne le sergent-détective Jean Barbeau, accusé de faux document, document contrefait, tentative d'entraver le cours de la justice, méfait public et de fraude.

Le policier, suspendu de ses fonctions depuis 2011, a prétendu avoir été victime du vol de son véhicule, de même que des outils qui s'y trouvaient, le 28 novembre 2008 à sa résidence de Sainte-Catherine. La camionnette avait été retrouvée le 13 juillet 2009 dans la voie maritime, près du Quai Baillargeon, à près de 3 km de chez lui.

L'enquête policière menée par les agents de la Régie de police du Roussillon, l'interrogatoire de nombreux témoins et l'écoute électronique ont cependant conduit ceux-ci à procéder à l'arrestation de celui qui avait porté plainte.

Une vingtaine de témoins (voisins, policiers, expert en sinistre) ont été entendus lors du procès qui s'est déroulé sur 13 jours, en mai 2014, en mars 2015, puis en février et en mai 2016. À cela, se sont ajoutés des extraits de conversation téléphonique et d'écoute électronique.

Ces différents éléments ont permis au juge Bélisle de conclure que la sergent-détective Barbeau avait notamment fraudé la compagnie Aviva Assurances d'une somme de plus de 5000 $. Qu'il avait également présenté de faux documents à sa demande de réclamation et qu'il avait incité sa conjointe et son beau-père à ne pas offrir de témoignage à la police.

Le juge estime que le mobile de ce crime «ne peut être autre que financier. L’accusé avait excédé le kilométrage requis par son contrat de location. Il aurait été soumis à une pénalité pour kilométrage excédentaire… Il prétend n’avoir jamais eu de problèmes financiers. Pourtant, il n’a plus de cartes de crédit depuis longtemps. Il était désorganisé. Les factures s’accumulaient. Il mettait ça sur la pile. Il était en retard dans ses paiements», poursuit-il.

Barbeau avait également été suspendu en 2007 par le Comité de déontologie policière pour avoir abusé de son autorité en accédant au Centre de renseignements policiers du Québec (CRPQ) sans motif légitime.