Mamans à presque 40 ans

Mamans à presque 40 ans

Virginie Lapierre et Véronique Maher ont eu leur premier enfant à l’aube de leurs 40 ans. Toutes les deux voient plusieurs avantages à être devenue mère tardivement.

Avoir un premier enfant à 37 ou 38 ans n’a pas nécessairement été leur choix. Elles ont plutôt pris cette décision parce qu’elles n’avaient pas rencontré la bonne personne pour être le père de leur enfant.

«J’avais hâte de devenir mère, mais je ne voulais pas un enfant avec n’importe qui. Je voulais être certaine de rester avec le père», affirme Mme Maher, 41 ans de La Prairie. Son garçon a aujourd’hui 3 ans. Elle a d’ailleurs discuté de cet aspect dès les premières rencontres avec son conjoint, qui était déjà père d’un garçon de 8 ans.

Même son de cloche pour Mme Lapierre, 41 ans de Saint-Mathieu. «Je sentais que mon couple était solide. C’est là que j’ai eu envie d’avoir un enfant. Ça ne m’était pas arrivé célibataire», raconte la maman d’une fillette de 3 ans et qui attend des jumeaux pour le mois d’août.

La résidente de Saint-Mathieu ne pensait toutefois pas en avoir trois. Entre ses deux grossesses, elle a fait deux fausses couches. «On m’a dit que vu que j’avais près de 40 ans, mon taux d’hormones ne supportait pas les grossesses. J’ai donc lâché prise», dit-elle.

Finalement, surprise, elle a découvert qu’elle était enceinte… de jumeaux lors d’un examen chez le médecin.

Une vie avant les enfants

Les deux femmes affirment qu’avoir leur enfant plus tard leur a permis de bien établir leur carrière et de profiter de la vie. «J’ai fait ce que je voulais faire avant. J’étais rendue à cette étape», mentionne Mme Maher.

Elles voient aussi la vie différemment qu’à 20 ans. «Je sens que j’ai l’énergie de 20 ans, mais avec un bagage de 20 ans de plus», souligne Mme Lapierre.

La confiance en soi est aussi différente en vieillissant, ce qui les aide dans leur rôle de maman, disent-elles. «À 20 ans, souvent on gaspille notre énergie avec des niaiseries et on se laisse emporter par des angoisses existentielles. Avec l’âge, on se fait plus confiance», indique Mme Lapierre.

Cette dernière a lancé sa compagnie de sacs à couches avant d’apprendre sa dernière grossesse. Afin de pouvoir poursuivre l’évolution de son entreprise avec ses trois enfants, elle prendra de l’aide à domicile. Elle a aussi décidé d’établir son bureau à la maison.

Suivi de grossesse

Selon une étude réalisée par l’Institut canadien d’information sur la santé, les femmes qui accouchent pour la première fois dans la quarantaine sont plus à risque de complications.

Elles ont plus de chance de faire du diabète de grossesse, de développer un placenta praevia, soit le placenta dans la partie inférieure de l’utérus, et d’accoucher prématurément.

Mmes Lapierre et Maher ont toutes les deux fait du diabète de grossesse. Dans les deux cas, il était bien géré, donc ça n’a pas été problématique.

Mme Maher a pour sa part accouché à 34 semaines de grossesse, mais sa sœur jumelle, qui a eu ses enfants avant 30 ans, et sa mère ont aussi accouché prématurément. «Il y a une part de génétique, mais on ne saura jamais exactement pourquoi», dit-elle.

Les bébés ont pour leur part plus de risques d’avoir une anomalie chromosomique. Un dépistage par prise de sang et échographie est recommandé.

Mme Lapierre soutient que pour ses jumeaux les tests étaient bons. Elle n’a donc pas eu besoin de passer une amniocentèse, qui consiste à prélever du liquide amniotique pour l’analyser. Ce test comporte des risques de fausses couches.

«À 41 ans, si j’avais porté deux trisomiques, je me serais préparée différemment à les accueillir», soutient-elle.

Les deux familles vivent au jour le jour et ne se préoccupent pas pour le moment de comment se déroulera le passage à l’adolescence.

L’âge moyen

Selon l’Institut de la statistique du Québec, les femmes qui ont accouché en 2016 au Québec avaient en moyenne 30,6 ans. En Montérégie, l’âge moyen était de 30,37 ans.