Le silence est d'or


Publié le 23 mars 2017

Il vaut mieux parfois se taire.

©Depositphotos - lev dolgachov

Voici le billet du 22 mars 2017 d'Hélène Gingras.

Je ne vous ai jamais jamais raconté comment je m'y prends pour écrire cette colonne?

Je trouve généralement mon sujet en cours de semaine. À moins d'avoir plus d'une idée en banque. Ou sinon c’est la vie qui me l’inspire.

Puis, je laisse le temps faire son œuvre. Un peu comme le vin qui vieillit. Ou la bière qui fermente. Pour que les idées mûrissent. Se développent. Un peu à tout le moins. Je me fais des relances intérieures pour savoir de quoi je vais parler.

Généralement, les idées s'éclaircissent au fur et à mesure que les jours passent. Jusqu'au moment de coucher cette colonne par écrit. Je devrais plutôt dire jusqu'au moment de taper cette colonne par écrit. Sur mon iPad. Dans mon lit. Avant d'aller dormir. Le lundi soir. Au retour du boulot. Alors que j’ai terminé le montage du Journal en début de soirée.

Chaque page a été envoyée à l'atelier. Hormis ce billet. Qui doit accoucher. Pour être livré à l'atelier en début de matinée afin que la page 6 parte aussi sous presse. À la limite du <@Ri>dealdine<@$p>, comme on dit. Comme certains journalistes aimeront écrire toute leur vie. Pressés par la tombée. Énergisés par l'adrénaline que ce moment de non-retour procure.

Je prends quelques instants pour souper et pour décompresser ensuite. Avant d’aller écrire.

On parle mal quand on n’a rien à dire.

-Proverbe arabe

Plus rarement, je rédige cette colonne le dimanche soir. Quand j’ai une autre occupation le lundi.

Quoi qu’il arrive, les mots doivent prend forme. 400 au total. Formant des paragraphes. Qui doivent avoir un sens. Ou une pertinence. Ne serait-ce qu’un peu…

Malgré tout, il m’arrive parfois que mes idées ne soient pas complètement claires. Ni achevées. Que la réflexion n'ait pas encore atteint sa finalité. Ou que ce ne soit pas tout à fait intéressant. Dans ces cas-là, je le sens. Je reviens sur mes mots au cours de l'écriture. J'efface. Je fais du sur-place. Autrement, ça sort presque d’un seul jet.

Certaines semaines, j’avoue qu'il serait mieux que cette colonne soit blanche. Que je me taise. Que je donne ma place à quelqu'un d'autre. Qui a un propos plus pertinent. Vous pourriez alors vous-même l’écrire. Faire part de ce que vous avez en tête. De ce qui résonne chez vous. Et qui pourrait intéresser d'autres gens. Interpeller quelqu'un. Moi y compris.

Parce que cette colonne n'est jamais gagnée d'avance.