L'effet d'entraînement


Publié le 28 mars 2017

Les leaders ont la capacité d'inciter les autres à les suivre.

©Depositphotos - Chakrit Thongwattana

Voici le billet du 29 mars 2017 d'Hélène Gingras.

Avez-vous des qualités de leader?

Je suis allée voir jouer les Canadiens deux fois plutôt qu'une récemment (merci Luis, Caro et Éric!). Alors que je n'avais assisté à pas plus de trois matchs au Centre Bell.

À une des occasions, j'étais dans le pit, comme on dit. Je pouvais pratiquement toucher au toit de l'édifice. Sans exagérer.

On m'avait prévu que même si on est plus loin de la glace, on n'est pas pour autant à l’écart de l'action. Au contraire, les partisans dans cette section sont réputés pour y être bruyants. Criards. Énergiques. Qui ajoutent au spectacle. Qui font le spectacle.

Je vous confirme cette impression. Mon voisin de droite laissait croire qu’il sera le prochain entraîneur du Tricolore. Qu’il a toutes les qualifications requises. Une fois que Claude Julien aura à son tour son 4%. Et que Michel Therrien sera occupé ailleurs. Tant il avait une opinion sur chaque jeu. Qu’il faisait des analyses à voix haute. Alors qu'il est impossible qu’aucun des joueurs ne l'entendent. Ni même les partisans assis dans les rouges. Quelques rangées plus bas.

Lors de l'unique but du CH ce soir-là, il m'a presque sauté dans les bras. À sa demande, on s'est tapé dans la main et on a partagé notre enthousiasme après le but de Lehkonen.

N'empêche que j'enviais sa facilité à s'exprimer haut et fort. Sans retenue. Sans gêne aucune.

La vraie réussite d’un leader se trouve dans le fait qu’il laisse derrière lui, dans d’autres hommes, la conviction et la volonté de continuer.

-Anonyme

Il n'était pas le seul de sa gang dans ma section. Un homme et une femme, dont j'ignore s'ils étaient ensemble, on aussi mis beaucoup d'ambiance dans les gradins. J'étais trop gênée pour me retourner afin de savoir de quoi ils avaient l'air.

À quelques reprises, ils ont donné vie aux marques d'encouragement qu'on a entendu dans le Centre Bell ce soir-là. Il a suffi que l'homme crie qu'il était temps qu'on encourage le CH qui perdait 1-0 pour que notre section se mette aussitôt à scander fort «Go Habs! Go!».

Les spectateurs de la section voisine ont emboité le pas. Puis une autre. Et les autres. Jusqu'à ce que l'écho résonne partout dans le Centre Bell.

J’étais fascinée à l’idée qu’il avait fallu qu’une seule personne se lève pour entraîner des milliers de spectateurs dans son sillon.

Comme quoi un seul petit geste peu soulever un aréna.