REM : C’est le temps d’agir

Publié le 6 avril 2017

Chaque mois qui passe est perdu à jamais dans la dynamique de croissance qu'engendrera le REM

À la bonne heure! Le budget déposé mardi dernier (28 mars) a confirmé la contribution financière du gouvernement du Québec au projet de Réseau électrique métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ). Dans le budget fédéral de la semaine dernière (22 mars), le gouvernement Trudeau s’est montré disposé à participer au projet, sans toutefois chiffrer sa participation.

Sur le fond, tout le monde est d’accord: il est essentiel pour Montréal et le Québec qu’un REM voie le jour, et rapidement. Les rares objections qui subsistent concernent la manière.

Le REM dotera la grande région de Montréal d’une desserte accrue et améliorée en transport collectif. Il concrétisera enfin le lien ferroviaire attendu depuis plus de 10 ans entre l’aéroport Montréal-Trudeau et le centre-ville.

Financièrement, le projet de REM sera bénéfique aux déposants de la Caisse – donc à tous les Québécois.

Mais davantage encore, il aura un impact positif majeur sur l’économie de Montréal et du Québec entier. Le projet s’inscrit dans une vision globale et intégrée qui améliorera la fluidité entre les différentes offres de transport collectif de l’agglomération montréalaise. Il favorisera des gains de productivité et stimulera la base industrielle québécoise, qui sont les socles de notre enrichissement collectif.

Chaque mois qui passe est perdu à jamais dans cette dynamique de croissance. Le temps est donc un facteur crucial. Le temps est venu d’agir.

Impossible unanimité

Un grand projet d’infrastructure ne fait jamais l’unanimité. Peu importent sa qualité et ses caractéristiques; peu importe la transparence du processus de décision; peu importe la clarté de son cadre financier; peu importe même son état d’avancement, il se trouvera toujours quelqu’un pour prétendre avoir un «meilleur projet», une «meilleure façon de faire». Il se trouvera toujours quelqu’un pour prétendre être lésé par quelque élément du projet; pour prétendre n’avoir pas été écouté si le processus de consultation ne lui donne pas raison. Il se trouvera toujours quelqu’un pour déplorer ne pas connaître tous les détails du projet, avant même que ne commence sa réalisation. Il se trouvera toujours quelqu’un pour chercher à faire valoir des intérêts particuliers sous le couvert de l’intérêt général.

Bref, il se trouvera toujours quelqu’un pour tenter de paralyser le projet, en lançant un hypothétique «mieux» comme entrave au bien général.

Le REM a fait l’objet d’une vaste consultation publique qui a donné à tous l’occasion de se renseigner et de s’exprimer. À la suite de cette consultation, le BAPE a déposé son rapport. Tous ont eu l’occasion d’en prendre connaissance, au premier chef le promoteur et les élus des gouvernements municipaux, provincial et fédéral, mandatés pour prendre des décisions appropriées en toute transparence, au nom des collectivités concernées. Ces élus sont imputables de leurs décisions devant leurs électeurs. Bien des opposants d’aujourd’hui ne font que répéter leurs objections déjà faites devant le BAPE.

La CDPQ et les bailleurs de fonds pourront certes améliorer le projet, notamment sur la base du rapport du BAPE. Mais il faut cesser de tergiverser. Les Montréalais et l’ensemble des Québécois méritent que le REM soit réalisé selon les règles de l’art et dans les meilleurs délais.

Le temps est venu d’agir.

Stéphane Forget et Michel Leblanc*, PDG, Fédération des chambres de commerce du Québec; président et chef de la direction, Chambre de commerce du Montréal métropolitain

*Autres signataires de la lettre: Catherine Brault, présidente, Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud; Raymonde Potvin, présidente, Chambre de commerce et d’industrie Royal Roussillon; Bernard Blanchet, directeur général, Chambre de commerce du Sud-Ouest de Montréal; Joseph Huza, président-directeur général, Chambre de commerce de l’Ouest-de-l’île de Montréal; Audrey Bogemans, présidente, Chambre de commerce et d’industrie du Haut-Richelieu; Sylvain Barisselle, président de la Chambre de commerce et d’industrie MRC de Deux-Montagnes.