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Plus de 8000 emplois en restauration à combler d’ici 2020

le jeudi 23 novembre 2017
Modifié à 9 h 50 min le 23 novembre 2017
Par Audrey Leduc-Brodeur

aleduc-brodeur@gravitemedia.com

À lire aussi La restauration locale face à une pénurie de main-d’œuvre D’ici 2020, plus de 8000 emplois dans le domaine de la restauration seront vacants, prévient l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ). La pénurie de main-d’œuvre a été au cœur des discussions des membres de l’organisation, lors de son Rendez-vous annuel, le mardi 14 novembre. D’après une enquête réalisée en 2015 auprès de restaurateurs, 70% d’entre eux peinaient à recruter du personnel. «Cette donnée est toujours valable, affirme Martin Vézina, conseillers aux affaires publiques à l’ARQ. Nous travaillons sur ce dossier depuis plus de trois ans et on constate que le problème va perdurer dans les prochaines années.» Selon M. Vézina, les régions de Québec, Chaudières-Appalaches et l’Abitibi-Témiscamingue sont les plus fortement touchées. «Certains restaurants ont dû modifier leur horaire, car ils manquaient de personnel», affirme-t-il. La rémunération et la valorisation du métier sont de nouveau au cœur des discussions. «La solution à l’iniquité salariale serait le partage des pourboires, dit le représentant de l’ARQ. Pour que le client ait une belle expérience, il doit recevoir un bon service et avoir des plats de qualité. Si un élément de la chaîne débarque, tout le reste ne fonctionnera pas.» 80% de satisfaction Le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme a également sondé 1000 travailleurs de la restauration afin de connaître leur niveau d’appréciation de leur emploi. Environ 80% d’entre eux ont dit être satisfaits. «Ils ont souligné l’ambiance agréable, l’esprit de camaraderie et le fait de ne pas toujours faire les mêmes tâches, explique M. Vézina. Oui, il y a un problème de rémunération, mais il y a des raisons pour lesquelles des cuisiniers font carrière dans l’industrie de la restauration et c’est là-dessus qu’il faut miser.» En plus de prôner le partage de pourboires et valoriser le métier, les membres de l’ARQ ont aussi retenu l’idée de demander à modifier le calendrier scolaire en fonction du calendrier touristique. «Les touristes sont souvent très présents en août et septembre, alors que c’est le moment où les étudiants, très nombreux à occuper des postes en restauration, retournent à l’école», indique M. Vézina.
«Il faut casser le mythe qu’un emploi en restauration n’en est qu’un de passage pour aller vers quelque chose de mieux ailleurs.» -Martin Vézina, Association des restaurateurs du Québec
Salaires moyens Serveur: 9,95 $ l’heure + 18,97 $ l’heure de pourboire Chef: 19,43 $ l’heure Cuisinier spécialisé: 15,44 $ l’heure Plongeur: 11,86 $ l’heure Maître d’hôtel: 19,30 $ l’heure Données pour des restaurants dont la facture est supérieure à 25$ en 2017 (Source: Association des restaurateurs du Québec)