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Course de chevaux : une passion de père en fils chez les Brosseau


Publié le 29 août 2017

Stéphane Brosseau à l’hippodrome d’Ormstown.

©Gracieuseté - Sylvain Gagnon

L’arrière-grand-père, le grand-père et le père le Stéphane Brosseau était des conducteurs de chevaux sous harnais. Pas étonnant que le professionnel de 48 ans originaire de Saint-Constant soit tombé dedans quand il était petit.

«J’ai obtenu un diplôme de chef cuisinier pour faire plaisir à ma mère, mais il ne m’a jamais servi, raconte le passionné de chevaux. Pour moi, ç’a toujours été clair que je ferais de la course.»

Gagner des courses pour moi, c’est comme une drogue. C’est un feeling indescriptible.

Stéphane Brosseau, conducteur de chevaux

À 16 ans, le jeune Brosseau s’exile au New Jersey pour travailler à l’écurie de son oncle. C’est là qu’il apprendra les rudiments du métier et qu’il obtiendra son permis de conducteur. Après 13 mois au pays de l’Oncle Sam, il rentre au bercail.

«Mon rêve, c’était de devenir le champion de Montréal, alors je suis revenu», explique celui qui trône au sommet du classement à l’Hippodrome de Trois-Rivières.

Dans les belles années de l’industrie, la piste Blue Bonnets à Montréal était la Mecque des amateurs de course de chevaux en Amérique du Nord. L’endroit a fermé ses portes en 2008. Depuis, le circuit de courses n’est plus ce qu’il était et les opportunités se font plus rares.

«Avant, je pouvais courser 12 mois par année, dit M. Brosseau qui a débuté à la fin des années 1980. Depuis cinq ans, je me trouve des petites jobines  ici et là pour les cinq mois de saison morte ou je vais à Ottawa et en Ontario où il y a des circuits.»

Un métier difficile

Sans contrat et sans commanditaire, les conducteurs de chevaux doivent être vraiment passionnés pour faire ce qu’ils font, estime Stéphane Brosseau.

Rémunérés grâce aux bourses, les conducteurs reçoivent 5% du prix. Un autre 5% va à l’entraîneur et le reste de la bourse va au propriétaire du cheval.

Stéphane Brosseau à l’hippodrome d’Ormstown avec son fils.
Gracieuseté - Sylvain Gagnon

«Ça semble peu, mais c’est très coûteux entretenir un cheval, alors c’est normal, indique le professionnel. Des fois, je peux faire dix courses par soir, donc je m’en sors pas si mal.»

Avec plus de 25 000 courses derrière la cravate, Stéphane Brosseau estime avoir gagné près de 18 M$ en pratiquant son sport. D’ailleurs, il a franchi le cap des 3000 victoires à l’expo d’Ayer’s Cliff en Estrie, le 26 août. Un exploit qu’il aurait réussi depuis longtemps si la piste Blue Bonnets à Montréal était toujours ouverte, dit-il.

Peu de reconnaissance

«Savais-tu que le meilleur au monde est un Québécois? demande le résident de l’Assomption. Il s’appelle Yannick Gingras et il vient de Sorel. Personne ne sait ça parce que notre sport n’est pas publicisé ni reconnu», se désole le conducteur.   

S’il a toujours bien gagné sa vie, M. Brosseau ne se formalise pas du fait que sa descendance ne semble pas vouloir suivre ses traces.

«Le milieu n’est plus comme avant et l’industrie n’est pas tellement en santé au Québec. Si mon fils veut suivre mes traces, tant mieux, mais ça ne me dérange pas qu’il fasse autre chose», conclut-il.

L’homme sera à l’œuvre à Ormstown le 16 septembre. Cette course regroupera les meilleurs chevaux ambleurs disponibles au Québec.

 

Course de chevaux 101

Ils sont généralement huit sur la ligne de départ. Les pistes diffèrent d’un hippodrome à l’autre, mais le trajet est de un mille. La distance s’effectue parfois en un ou deux tours de piste. Le plus rapide remporte la bourse. Il n’y a pas de catégorie; les conducteurs de tout âge et niveau d’expérience participent aux mêmes compétitions. Les chevaux sont au sommet de leur forme de 2 à 8 ans.