Un bon samaritain

Un bon samaritain

J'ai eu une crevaison su le pneu de ma moto arrière.

Voici le billet du 21 juin 2017 d’Hélène Gingras, chef de contenu des hebdos Le Reflet et Coup d’oeil.

Est-ce qu’il vous arrive d’aider autrui?

Il y a quelques jours, je suis allée me balader à moto aux États-Unis. Une petite virée pour voir le Saranac lake. Passer par Lake Placid. Revoir les pins des Adirondack. Je suis chaque fois surprise de vivre un tel dépaysement. Si près de la maison.

Au retour du dîner, j’ai emprunté la route 9 nord. Une petite route de campagne. Aménagée le long d’un cours d’eau. Un peu sinueuse. Comme celles que les motocyclistes recherchent justement.

Soudain, j’ai  constaté que la pression de mon pneu arrière diminuait. Inquiète, je me suis immobilisée en bordure de la route. Pour trouver dans le caoutchouc ce que je pense être un éclat de verre. Pas plus gros qu’un diamant.

Je ne pouvais plus rouler. Sans gonfler le pneu. Sinon le faire réparer. Si j’avais été à voiture, j’aurais sorti la roue de secours. Sur une moto, ça n’existe pas vraiment.

Oubliez l’assistance routière dont je dispose dans un rayon de 50 km de la maison. J’étais au moins du double de cette distance. Je n’avais aucune idée quelle compagnie de remorquage appeler. Et faire amener la moto jusqu’où? Au Canada? À un garage? Et tout ce, à quel coût?

Je ne sais pas pourquoi j’ai choisi de m’immobiliser à cet endroit. Devant cette maison plantée dans le décor au milieu de nulle part. J’ai sans doute une bonne étoile qui veille sur moi.

Le propriétaire est sorti de chez lui pour venir à ma rencontre. Après, j’imagine, m’avoir observée pendant quelques minutes. Quand il m’a demandé ce qui se passait, je lui ai expliqué que je pensais avoir un flat. Il m’a aussitôt proposé de regonfler mon pneu. Parce qu’il avait tout l’attirail. Pompe et compresseur. Cet homme trippait voiture ancienne. Il m’a montré sa magnifique Chevelle remontée dans son garage.

Juste un peu d’air. Cet homme m’a donné juste un peu d’air pour gonfler mon pneu. Pour lui, ce n’était rien. Pour moi, ça valait tout l’or du monde. Je lui ai répété plusieurs fois en anglais avec un fort accent québécois à quel point je lui étais reconnaissante.

Grâce à lui, j’ai pu rentrer à la maison. Et faire ensuite changer mon pneu. J’ai évité un tas de complications. Rarement j’ai été aussi heureuse de serrer la main d’un inconnu.