Avenir de la carrière de La Prairie : que valent les promesses du maire ?

Avenir de la carrière de La Prairie : que valent les promesses du maire ?
Selon le rapport d’études biologiques, trois milieux humides se trouvent sur le site. Ceux-ci sont toutefois situés sur le plateau sud, et non dans la carrière. (Photo : Le Reflet – Denis Germain)

Lors des dernières élections, le maire de La Prairie avait promis, la main sur le cœur, qu’aucuns travaux ne seraient réalisés dans la carrière et que rien ne serait décidé sur la nouvelle vocation de ce territoire sans que les citoyens ne soient d’abord consultés. Il brandissait alors le règlement de contrôle intérimaire 190 adopté à la suite de l’arrêt des activités de la briqueterie, qui interdisait entre autres tous travaux de remblai ou déblai.

Dans un communiqué daté de janvier 2019, le maire indiquait vouloir prolonger ce « moratoire » pour une période additionnelle de deux ans après l’entrée en vigueur du nouveau schéma d’aménagement, lequel n’a toujours pas été adopté.

À la suite de la vente du terrain et alors qu’aucune consultation citoyenne n’avait encore eu lieu, des travaux de remblai ont débuté dès septembre 2019 et se sont poursuivis à un rythme d’enfer depuis. Et ce, malgré les protestations des citoyens (une pétition de près de 2100 noms) et les interventions de la ville et de la MRC.

En juin dernier, le conseil municipal a finalement décidé d’annuler son fameux règlement (RCI 190) en échange de redevances pour les dommages causés aux infrastructures routières par le va-et-vient incessant des camions transportant des sols contaminés de type AB vers la carrière.

Il est vrai que des modifications ont eu lieu récemment dans la législation québécoise qui minent le pouvoir de décision des villes en matière de planification territoriale. Cependant, le maire aurait pu faire approuver son règlement par le ministre de l’Environnement en vertu de l’article 118.3.3 de la loi sur la qualité de l’environnement lui donnant ainsi préséance sur toute règlementation provinciale, incluant le règlement sur les carrières et les sablières. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Cela lui aurait permis de cumuler des contraventions de 2000$ par jour d’infraction et de tenir sa promesse électorale.

En janvier 2020, les citoyens de La Prairie ont été conviés à une rencontre dont l’objectif avoué était de les consulter sur la façon de les consulter. Lors de cet événement, les résidents ont été nombreux à faire valoir leur attachement pour la carrière, ce lieu si particulier pour son patrimoine historique et où un plan d’eau baptisé Lac aux aigrettes attiraient des milliers d’oiseaux de toutes sortes avant qu’il ne soit presque complètement asséché par l’actuel propriétaire. Plusieurs ont souhaité que ce territoire ne soit pas dédié à un autre développement immobilier.

«Dans la reconstruction postérieure à la pandémie, donnons à la nature la place qu’elle mérite, en en faisant la considération primordiale dans la prise de décision» recommandait récemment l’ONU. En espérant que ces appels seront entendus et que les infrastructures vertes seront préférées au béton.

Andrée Gendron

La Prairie

 

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