Billet d’humeur : Dans ma tête

Par Hélène Gingras
Billet d’humeur : Dans ma tête
(Photo : Depositphotos)

Quelle relation entretenez-vous avec vos pensées?

On dit qu’il n’est pas toujours sain de rester «dans sa tête». Avec ses pensées. Surtout quand on traverse une mauvaise passe. Parce que les idées noires sont rarement bonnes conseillères. J’en conviens.

Dans ces moments, il faut au contraire éviter de se refermer sur soi-même. Il faut, au contraire, chercher le maximum de stimulus extérieurs. Afin de se concentrer sur autre chose que sur son propre malheur. Afin d’éviter de penser. De réfléchir. Parce qu’on n’en tirerait rien de bon.

Voir des amis, regarder la télé, aller cinéma; peu importe, il convient de se vider l’esprit. Une de mes amies employait l’expression «s’abrutir» dans ces moments où elle écoutait une série souvent peu glorieuse, mais qui lui permettait de tout oublier.

À l’inverse, je pense qu’il est aussi sain d’avoir ses moments avec soi-même. Pour réfléchir. Se remettre en question. Savoir où l’on s’en va. Où on veut aller.

Un plan stratégique d’entreprise, par exemple, a exactement ce but. Celui d’obliger le gestionnaire à se dégager des tâches quotidiennes pour réfléchir sur une vision d’affaires. À plus long terme. De voir le portrait d’ensemble. D’exprimer des enjeux.

Ces derniers temps, j’ai remarqué que les stimulus extérieurs étaient trop présents à mon goût au quotidien. Que ce soit des conversations, la radio ou la télé. J’avais aussi mille et une occupations. Prise dans le tourbillon de faire. De réaliser quelque chose. J’ai aussi pris moins de temps pour méditer.

«La parole est la pensée extérieure, et la pensée est la parole intérieure.»

– Antoine de Rivarol

Trop occupée, j’avais moins de temps pour penser. Moins d’espace pour ce faire. Je n’entendais plus la petite voix dans ma tête. Autre preuve? J’arrivais souvent au dernier moment à trouver mon sujet de la semaine. C’est-à-dire du billet que vous lisez ici. Sans avoir eu le temps de me pencher sur le sujet assez longtemps à mon goût. Avant de le coucher sur papier.

J’avais aussi recommencé à éteindre la radio aussitôt que j’embarquais dans l’auto. À me mettre des écouteurs sur les oreilles sans écouter de musique. Juste par besoin de m’isoler. À passer de longs moments sans parler. Autant de signes, pour moi, que j’avais besoin de revenir au silence. De revenir dans ma tête. À mes pensées. Pour leur donner le droit d’exister.

 

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