Billet d’humeur : Gentleman comme pas un

Par Hélène Gingras
Billet d’humeur : Gentleman comme pas un
Michel Louvain (Photo : Gracieuseté - Jocelyn Michel)

Quel souvenir garderez-vous de Michel Louvain?

C’est un pan de mon enfance qui m’est venu en mémoire cette semaine. Ma mère l’a toujours ADORÉ. D’aussi loin que je me souvienne. D’un amour inconditionnel. Mes premières pensées ont d’ailleurs été pour elle. Pour la peine qu’elle devait ressentir.

Personne n’avait le droit de parler contre SON chanteur. Ses 33 tours sont parmi les seuls à avoir tourné dans la maison avec ceux de Ginette Reno. Exception faite de l’album de Michel Fugain et du Big Bazar.

J’y pense et je me demande si ma mère n’a pas encore un poster de Michel Louvain dans sa salle de couture. Tiré à quatre épingles comme toujours. Souriant d’un sourire sincère.

Il y a pratiquement un an, j’ai eu la chance de l’interviewer. Pour la première fois. Dans le cadre d’un article portant sur son amour pour la Ville de Brossard. Mais aussi de la Rive-Sud. Mes collègues de travail qui avaient eu la même occasion m’en avaient tous parlé en bien. Comme quoi il était excessivement gentil. Exactement comme on l’entend sur toutes les tribunes en son hommage depuis plusieurs jours.

Je me souviens d’avoir commencé l’entrevue téléphonique en lui disant que ses chansons avaient bercé mon enfance. Que ma mère n’en reviendrait pas que je lui raconte que je lui avais parlé. L’entrevue avait duré une bonne vingtaine de minutes. Je me rappelle qu’il trouvait la pandémie difficile. De devoir rester isolé à la maison. Lui qui avait prévu remonter sur scène pour une série de spectacles. J’avais d’ailleurs eu une paire de billets pour son passage à l’Étoile du Dix30. Je me réjouissais à l’idée d’en faire la surprise à ma mère.

Avant même que je raccroche, j’étais tombée sous son charme. Tant il était gentil et accessible. Mais généreux surtout. De son temps et de ses réponses. Préoccupé par le fait de me donner assez d’informations pour mon article. À plusieurs reprises, il s’en était préoccupé. Y compris avant de raccrocher. Jamais un artiste n’avait montré une telle prévenance, un tel souci, envers mon travail.

«Il faut trois générations pour faire un gentleman.»

-Jacques 1er

C’était du Michel Louvain à l’état pur m’avait expliqué ensuite sa gérante. Celle à laquelle il était resté fidèle. Un être vrai et sensible. Tourné vers les autres. Hautement bienveillant et humain. Respectueux de tous. En dépit du succès et des 50 ans de carrière.

 

 

 

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