Billet d'humeur : La nuit tous les chats sont gris

Par Hélène Gingras
Billet d'humeur : La nuit tous les chats sont gris
(Photo : Depositphotos)

Vous arrive-t-il d’avoir peur dans le noir?
On perd le contour des choses une fois la nuit tombée. On distingue mal les distances. Les sons sont aussi amplifiés. Décuplés. Ainsi, ce qui nous fait peur nous fait encore plus peur.
L’autre qui tousse ou éternue à côté de nous à 2 heures du matin, nous tirant du sommeil, suffit parfois à nous donner l’impression que le cœur va nous sortir de la poitrine. Alors que, de jour, notre réaction serait plus mitigée. L’effet de surprise moins grand.
Si on ajoute un ou des éléments de nouveauté, on peut avoir d’autant plus la frousse dans le noir. Par exemple lorsqu’on n’est pas chez soi. Ou non familier avec son environnement. Ou tout ça en même temps. On est plus sur la défensive. Les nerfs un peu plus tendus.

«La peur est une brume de sensations.»
-Jules Renard dans Journal 1893-1898

J’ai expérimenté tout ça pendant mes vacances à l’extérieur du pays récemment. Je cherchais le dépaysement; je l’ai eu!
Un soir que nous nous prélassions dans la piscine, nous avons entendu des cris à l’arrière de la maison que nous avions louée. Les sons, pour vous les expliquer le plus clairement, ressemblaient à ceux de monstres dans un film d’horreur. C’est sensiblement ce que fait le singe hurleur. Qui cherche en intimider un autre. Je vous invite à aller écouter sur Youtube. C’est assez déstabilisant.
D’autant plus que l’animal se trouvait à quelques mètres de nous seulement. Le son – parce qu’on n’y voyait rien – ne laissait aucun doute sur sa proximité.
Je me suis mise à ramasser nos serviettes, nos gougunes et nos magazines qui traînaient sur le patio. En plusieurs allers-retours. Mes trois autres partenaires de voyage avaient pour leur part trouvé refuge à l’intérieur. Et aucune n’avait l’intention de ressortir!
Pour ma part, j’avais peur que le singe arrive en courant, panique et m’attaque. Tant il semblait agressif.
Le singe s’est tu lorsque le livreur de restaurant s’est pointé dans notre stationnement. Ce n’est que le lendemain matin qu’il a recommencé à hurler. Une fois le jour revenu. Il était effectivement juché dans un arbre derrière la maison. Avec deux comparses et une dizaine de singes capucins qui se promenaient d’un arbre à l’autre. Un des plus beaux spectacles que j’ai vus…
De jour, il n’était plus aussi épeurant. Aussi, il m’a presque manqué les soirs suivants.
 
 

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