Billet d’humeur : Le traumatisme de la tondeuse

Par Hélène Gingras
Billet d’humeur : Le traumatisme de la tondeuse
Tondeuse à gazon. (Photo : Depositphotos)

Aimez-vous tondre le gazon?

Ce n’est pas une tâche qui me rebute. J’y prends même du plaisir parfois. Il en est ainsi depuis que je suis adolescente. Pourtant, une mauvaise expérience aurait pu me traumatiser.

Je devais avoir 13-14 ans justement et ma mère m’avait trouvé un petit contrat. Auprès d’une dame âgée qu’elle connaissait. Dont l’époux n’était plus assez en forme pour tondre son gazon. Peut-être était-il malade.

Je me souviens précisément de la maison. Un bungalow comme le nôtre. Avec un revêtement en vinyle blanc. Et des volets décoratifs de couleur rouille. Je sais exactement où il se trouve à Delson. Je pourrais le pointer si je passais devant.

J’y ai tondu le gazon à quelques reprises seulement. Moins de cinq, j’en suis sûre. Je ne me rappelle plus vraiment pourquoi ça n’a pas duré. Je sais seulement que je n’aimais pas ça. Et que je n’ai pas dû me plaindre de ne plus y retourner. Probablement sans poser de questions.

J’étais stressée chaque fois que j’y allais. Je perdais tous mes moyens.

Habituée à notre tondeuse à essence, je ne connaissais rien à leur tondeuse électrique. J’étais surtout maladroite en raison du fil orange. Comme le veut la loi de Murphy, il était toujours dans mes pattes. J’ai d’ailleurs passé sur le fil à deux reprises au moins avec la tondeuse. Abimant la gaine de protection en caoutchouc. Je voulais mourir.

Pour ajouter à mon stress, le propriétaire m’observait par la fenêtre pendant que je m’exécutais. C’est d’ailleurs en ces seules occasions que je l’ai vu. Je ne pouvais pas décoder aucune émotion chez lui. J’en avais vraiment peur. Jusqu’à penser qu’il n’était pas d’accord que je tonde son gazon. Et qu’il me jetait des mauvais sorts.

«Je ne serais pas devenu sage sans avoir largement déraisonné avant.»

-Daniel Gélin

J’avais oublié cette histoire. Jusqu’à tout récemment. Parce que mes parents ont engagé deux jeunes entrepreneurs pour tondre leur gazon ces dernières années. Et que j’ai été témoin de leur passage à leur résidence.

Par curiosité, mes parents jetaient un œil par la fenêtre pendant que les deux employés sortaient leur attirail et qu’ils s’exécutaient.  Et non pas pour se plaindre ni leur jeter un mauvais sort. De manière générale, ma mère m’a d’ailleurs toujours dit du bien d’eux.

Je ne saurai jamais ce que pensait le vieil homme chez qui j’ai tondu le gazon quelques fois.

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