Billet d’humeur : Partir de chez-moi

Billet d’humeur : Partir de chez-moi

Le yoga.

Crédit photo : Depositphotos

Vous arrive-t-il de vous sentir aussi bien ailleurs que chez-vous?

Je dois me faire à l’idée. Mon autre chez-moi est sur le point de fermer. L’endroit qui m’a vu sous toutes mes coutures. Dans toute ma vulnérabilité. Avec mes travers. Quand j’étais si fragmentée que rien d’autre n’avait du sens que de venir me réfugier à cet endroit. Parce que je m’y sentais en sécurité.

J’y ai aussi passé plusieurs beaux moments. De joie. De sérénité. Il m’est arrivé souvent d’en repartir avec le cœur léger. Touchée par un moment de grâce. J’ai parfois eu le sentiment d’avoir accédé – aussi brièvement, soit-il – à une autre dimension.

Chaque fois que j’y allais depuis 15 ans, j’y trouvais de la sollicitude, un accueil chaleureux, de la compréhension. Et ce, peu importe qui m’ouvrait la porte. On m’a toujours fait sentir que j’étais la bienvenue. Que ma présence était désirée. Que j’étais attendue. Peu importe quand je me pointais.

Pourtant, je prenais mes distances chaque été. Je prenais une pause du yoga. Quand je recommençais à l’automne, j’avais toujours le sentiment de rentrer à la maison après un long voyage. De déposer bagage, pour reprendre l’expression de Nicole. Je m’assoyais sur le tapis et je retrouvais mes repères. Je me demandais chaque fois comment j’avais pu rester aussi longtemps sans revenir.

«On voyage autour du monde à la recherche de quelque chose et on rentre chez soi pour le trouver.»

-George Moore

J’ai tellement appris à ce centre. À prendre mon temps. À vivre le moment présent. À accepter la douleur, l’inconfort et mon corps. À faire ralentir le petit hamster qui tourne dans ma tête. À me donner de l’espace. À avoir une foi inébranlable en la vie.

J’ai appris à respirer. Jusque dans le bas du ventre. À me tenir le dos droit. À m’ouvrir le cœur. À m’étirer jusqu’au ciel. À réapprendre à respirer. À méditer.

J’aimais l’ambiance, les petits rituels. Placer mon tapis comme il se doit. Plier correctement les couvertures. Chanter un mantra de la paix. Et entendre les autres voix résonner avec la mienne.

Je ne trouverai jamais aucun autre refuge de cette trempe. Parce qu’il est dans une classe à part. Ma seule consolation est celle d’avoir eu d’excellents professeurs. Qui m’ont guidée et donné tous les outils pour poursuivre ma pratique personnelle n’importe où. Et en toutes circonstances.

N’empêche que j’ai un pincement au cœur à la pensée que je ne pourrai plus jamais rentrer à la maison.

 

 

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