Billet d’humeur : Je ramollis

Billet d’humeur : Je ramollis

Larme à l'oeil.

Crédit photo : Depositphotos

À partir de quel âge devient-on plus sensible?

Ça fait des semaines, voire des mois, que je fais de la négation. Que je repousse cette réflexion à plus tard. Je ne peux plus me mentir désormais. C’est un fait. Je ramollis. Normal alors que j’approche la cinquantaine, me direz-vous.

Ma peau perd de sa fermeté. Mes pattes d’oie dans le visage sont plus visibles. J’ai moins d’endurance. Je suis moins tough. Et ce, dans tous les sens du terme. Parce que mon cœur se ramollit aussi. Au même rythme que le reste de mon corps visiblement.

Je me souviens d’avoir ri de ma mère quand elle s’est mise à être plus émotive. À avoir la larme à l’œil plus facilement. Dans des circonstances que je ne lui connaissais pas. Je me payais souvent sa tête. Les fameuses hormones de la ménopause? Peut-être.

Puis, me voilà rendue dans ses chaussures. Au même endroit. Et pourtant, je ne suis pas encore en ménopause.

Je n’ai jamais été braillarde. Quand un film est triste, j’ai la gorge nouée. Le souffle retenu un peu. Mais je ne pleure pas beaucoup. Pas facilement.

Mais voilà que depuis quelque temps, je réalise que je suis devenue plus sensible. Je me surprends à avoir les larmes aux yeux plus souvent. Quand quelqu’un me raconte quelque chose de triste. Lors d’un exploit sportif. En visitant un site historique. Quand une nouvelle m’atteint.

«J’ai la peau de l’âme trop sensible. Il faudrait apprendre à son âme à marcher pieds nus. S’y faire une corne. Se répéter la sentence chinoise: “Rétrécis ton cœur”.»

-Jules Renard

Je ne cherche même plus à me cacher. Sans faire de drame, j’essuie la larme qui coule. Je l’accepte. Et je passe à autre chose ensuite.

Le plus gênant (parce que je suis quand même orgueilleuse), c’est quand j’ai la gorge nouée. Quand je deviens incapable de prononcer une phrase ou quelques mots sans avoir des trémolos dans la gorge. Alors, les syllabes sortent tout croches. Avec une intonation anormale. Parce que certains mots restent pris dans ma gorge et que d’autres sortent plus forts. Plus aiguës. Attirant l’attention des gens à qui je parle à se tourner vers moi. Impossible pour moi de cacher mon trouble.

Je n’ai aucun contrôle sur l’intensité de l’émotion. Ni sur cette montée soudaine.

Je croyais qu’en vieillissant, on s’habituait à tout. À force d’avoir tout vu. Encore une fois, j’avais tort

 

 

 

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