Décrochage au décollage

Par Hélène Gingras
Décrochage au décollage

Voici le billet de la semaine de Hélène Gingras.

Êtes-vous capable de décrocher en vacances?

Je ne sais pas si je pourrai me rendre à la fin de l’écriture de cette chronique. Et vous, de sa lecture. Peut-être qu’elle sera trop longue. Ou trop courte. Qu’il faudra que je la coupe. Tout en m’assurant que ça fasse du sens…

Grosse commande pour un retour de vacances. Parce qu’on dirait que ma tête n’est pas toute là en ce lundi matin. Toute revenue au bureau. Aux affaires du journal. Je suis bien là de corps, mais d’esprit, j’ai déjà vu mieux.

Pourtant, je suis contente d’être ici. De retrouver mon bureau, mes collègues. De retomber dans le travail. D’effectuer mes tâches. Parce que le quotidien est réconfortant. Quoi qu’on lui reproche souvent d’enliser nos relations. Surtout intimes. La routine nous donne des repères. Des balises. Elle nous sécurise.  

Cependant, j’ai plus de difficulté qu’à l’habitude à trouver mes mots. À enligner mes phrases. Comme si j’avais le cerveau embué. Comme quelqu’un qui couvre un rhume. Ou un solide mal de bloc.

Puis, je suis affligée d’une lenteur inhabituelle. Et c’est un brin frustrant. Des actions qui me prennent moins d’une fraction de seconde à accomplir nécessitent un peu plus de temps de ma part.

Des gestes pourtant mille fois répétés. Appris par cœur. Enregistrés. Tellement que c’est là le hic. On dirait que quelqu’un a effacé la bande mémoire dans ma tête pendant mes vacances. Pendant la nuit, un vilain a jeté de la poudre de perlimpinpin sur mon oreiller.

Je peine à me souvenir du mot de passe de mon ordinateur. Et de certaines procédures. Je fais des fautes de frappe inhabituelles. Comme si mes doigts ne trouvaient plus les touches. Je clique au mauvais endroit avec ma souris. Tantôt, j’ai supprimé un texte que je venais de corriger. Sans l’avoir sauvegardé au préalable… Grrrrr!

À la maison dimanche soir, je n’étais plus certaine de me rappeler comment programmer l’alarme de mon réveille-matin. Même la planche à repasser s’est mise de la partie. De quel côté est-ce que je l’ouvre normalement? J’hésitais.

Par chance, je sais que ça ne durera pas. Ça commence tranquillement à rentrer dans l’ordre.

Puis, je préfère voir le bon côté des choses. Si j’ai oublié momentanément quelques affaires, c’est que ma tête est allée ailleurs. C’est mon baromètre pour savoir que j’ai décroché en vacances.   

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