Des trouvailles inusitées dans les boîtes de dons

Des trouvailles inusitées dans les boîtes de dons

Frédéric Côté, directeur général adjoint

Crédit photo : Le Reflet - Denis Germain

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Conserve de fruits de marque Steinberg, cendrier contenant des mégots, objets sexuels non emballés; les organismes de bienfaisance font parfois de drôles de découvertes dans leurs boîtes de dons, d’après des intervenants locaux.

Le directeur général adjoint du Complexe le partage, Frédéric Côté, explique qu’il conserve ces trouvailles afin d’éduquer «avec humour» les citoyens qui se départissent de leurs vêtements et autres objets.

«Nous avons une responsabilité d’informer les gens sur ce qu’ils peuvent donner ou non, parce que l’objectif est de pouvoir revendre tout ce qu’on reçoit dans nos friperies, mentionne-t-il. En ce moment, nous devons souvent jeter ce que nous recevons. Les ventes dans les friperies représentent 60% de notre financement annuel, alors nous voulons de la bonne qualité.»

Le représentant de l’organisme basé à La Prairie et Saint-Constant rappelle que chaque personne devrait se demander si elle achèterait l’item qu’elle s’apprête à donner.

«Souvent, les gens se disent: je ne sais pas où le mettre, donc je l’envoie au Complexe, parce qu’ils veulent se donner bonne conscience, admet M. Côté. Je suis certain que la plupart des gens qui font des dons sont de bonne foi. Mais ce n’est pas parce que tu es pauvre que tu devrais recevoir des choses de mauvaise qualité. Il faut aussi se rappeler que ça demande du temps à nos employés pour trier, même si ça fait partie de leur travail.»

C’est dans cet ordre d’idées que l’organisme n’accepte plus les retours de ventes de débarras.

«Si vous n’avez pas été capables de le vendre en vente de débarras, nous ne serons probablement pas capables de le faire non plus, explique-t-il. D’autant plus que les montagnes d’objets s’accumulaient devant nos friperies.»

En consultant sa collection de dons étranges, M. Côté ne peut s’empêcher de rire.

«Des fois, on se demande pourquoi les gens nous donnent ça? En même temps, je ne doute pas que ça ait été fait avec une bonne intention», ajoute-t-il, sourire en coin, à la vue d’un jouet sexuel usagé.

Une urne et un diplôme

L’organisme la Corne d’abondance à Candiac ne donne pas sa place en matière de trouvailles inusitées. La plus marquante, rapporte la directrice Johanne Audet, est une urne remplie de cendres déposée dans une boîte de dons.

«Nous avons aussi du bardeau et un diplôme universitaire. Nous avons réussi à rejoindre la personne à qui appartenait le diplôme et elle l’a repris», raconte-t-elle.

L’organisme reçoit fréquemment de la nourriture périmée et des vêtements tachés ou troués.

«Les gens font le ménage et vident leur garde-manger et leur garde-robe. Mais il faut se dire que ce n’est pas parce que les gens sont dans le besoin qu’ils doivent recevoir ça», soutient Mme Audet.

De son côté, Vestiaire Kateri à Sainte-Catherine affirme ne pas recevoir de dons inusités. Les vêtements, la vaisselle et les petits appareils électriques de cuisine sont les dons les plus populaires, affirme le responsable Christian Arpin.

«Ça fait 20 ans qu’on dit aux gens de donner pour l’organisme. Maintenant, on veut les éduquer sur le type de choses qu’on veut recevoir.» -Frédéric Côté, directeur général adjoint du Complexe le partage

Top des dons inusités au Complexe le partage  

-Un dentier;

(Photo Le Reflet – Denis Germain)

-Plusieurs objets sexuels et une prescription de comprimés vaginaux déjà entamée;

(Photo Le Reflet – Denis Germain)

-Un cendrier rempli de mégots;

(Photo gracieuseté)

-Des produits alimentaires datés des années 80 et 90;

(Photo Le Reflet – Denis Germain)

-Un bain-tourbillon;

(Photo gracieuseté)

-Une friteuse brûlée et une poêle à frire avec de la nourriture collée;

(Photo gracieuseté)

-Un chandail soutenant les Hells Angels.

(Photo Le Reflet – Érick Rivest)

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