COVID-19

Dr Huy Hao Dao, un médecin reconnu pour sa rigueur et son excellence

le vendredi 17 avril 2020
Modifié à 13 h 03 min le 17 avril 2020
Par Ali Dostie

adostie@gravitemedia.com

Le médecin spécialiste en santé communautaire Dr Huy Hao Dao était un collègue fort apprécié à la Direction de santé publique (DSP) de la Montérégie. Dr David-Martin Milot, un ami et collègue, parle d’un homme «ultra savant et curieux». Dr Huy Hao Dao, âgé de 44 ans, est le premier médecin du Québec décédé de la COVID-19, a-t-on appris, ce jeudi. «Hao était extrêmement curieux. Il s’intéressait à tout, il s’intéressait à notre travail, même si ce n’était pas son domaine. Il nous permettait d’avancer, décrit Dr David-Martin Milot, médecin-conseil à la Direction de la santé publique de la Montérégie et professeur au département des Sciences de la santé communautaire de l’Université de Sherbrooke. Et c’était important pour lui d’avoir un point de vue objectif. Tout le monde pouvait dire que l’on pouvait se fier à lui.» Depuis le début de la crise, Dr Dao, enseignant à la DSP et à l’Université de Sherbrooke, était l’un de ceux qui menaient les enquêtes épidémiologiques. Il était responsable des enquêtes plus complexes dans des milieux particuliers, comme les résidences de personnes âgées.
Dr David-Martin Milot
Dr David-Martin Milot connaissait bien Dr Huy Hao Dao. Tous deux partageaient des sujets de recherche communs, notamment en ce qui concerne les surdoses de drogues. Ils ont étudié leur spécialité ensemble, ont participé à des congrès et ont eu l’occasion de collaborer sur divers projets de recherche. Malgré la «rigueur et la excellence» pour lesquelles Dr Dao était reconnu, il «restait toujours humble», note Dr Milot. Lorsqu’il a cofondé Jeunes médecins pour la santé publique, Dr Milot a pu compter sur le soutien de son ami. «Mais il n’aurait pas pris les devants dans un tel projet. Il oeuvrait toujours dans l’ombre, il était extrêmement efficace.» Dr David-Martin Milot retient également le dévouement de son collègue, père d’une «merveilleuse petite fille». «Il a fait beaucoup de sacrifices, il travaillait les soirs, les nuits, les fins de semaine. Et il le faisait toujours de bon cœur.» «On ne le croit pas» Le décès de Dr Dao, jeune, en bonne santé, sans facteurs de risques connus, a été un choc pour Dr Milot, qui a pu discuter avec ses collègues qui travaillaient étroitement avec lui. «C’est complètement surréel. On dirait un mauvais rêve. On ne le croit pas», partage celui pour qui la perte de son ami est particulièrement éprouvante, d’autant plus qu’elle s’ajoute au deuil de son propre père, décédé la semaine dernière. «Il était tellement, tellement présent, ajoute-t-il, pour expliquer le choc. C’est d’une tristesse infinie.» Les médecins de la santé publique sont une «deuxième famille, décrit Dr Milot. On est un peu en marge, on partage une formation, des valeurs, des idéaux communs. On s’entend au-delà du travail.»