Exposition à La Prairie : les oiseaux de terre et de mer de Marius Harton s’invitent à la bibliothèque

Photo de David Penven
Par David Penven
Exposition à La Prairie : les oiseaux de terre et de mer de Marius Harton s’invitent à la bibliothèque

Marius Harton fait partie de ces créateurs qui puisent dans l’environnement leur source d’inspiration, mais aussi leur matière première. Que ce soit du bois échoué le long des rivages ou celui enfoui dans les tourbières, le sculpteur de Saint-André-de-Kamouraska sait les métamorphoser en majestueux oiseaux.

Celui-ci présente une dizaine de pièces à la bibliothèque Léo-Lecavalier à La Prairie en novembre et décembre. Des œuvres où les visiteurs pourront constater la fascination de l’artiste par les qualités esthétiques de ces bois altérés par les éléments naturels.

«Ces bois sont ramassés sur le bord du fleuve et peuvent provenir de partout, dont les Grands Lacs. Ils ont tous des formes spéciales en raison de leurs racines qui résistent aux avaries du fleuve», mentionne M. Harton.

Une fois les morceaux repérés, il les fait sécher. Cette opération peut prendre jusqu’à deux ans.

«Puisque ces bois sont imbibés d’eau, il faut s’assurer qu’ils ne fendront plus. Si on les fait sécher plus rapidement, le bois éclate», précise-t-il.

Une fois prête, la pièce sera renforcée par des goujons, puis sculptée grossièrement.      

«On devine par la forme que c’est un oiseau. Je tiens aussi à garder une partie brute du bois. Celle-ci n’est pas travaillée et fait contraste avec la  partie qui l’est. J’aime épurer tout en conservant l’élégance de l’œuvre et la beauté naturelle qu’on retrouve dans la pièce», indique M. Harton.

Parce que ces pièces de bois ont été imbibées d’eau salée, l’emploi du vernis est impossible, celui-ci se transformant en fine poudre blanche. L’artiste a recours à de l’huile, qu’il applique durant plusieurs jours.

«C’est un procédé de finition assez long, mais qui protège le bois en le rendant stable», explique l’artiste.

Tourbière

Marius Hurton a aussi une prédilection pour les racines provenant des tourbières, essentiellement des racines de mélèzes. Il s’approvisionne chez des producteurs de la région.

«Les bois de tourbière sont spéciaux, puisqu’ils ont survécu au temps. La tourbière se forme à raison d’un millimètre par année. Donc, chaque mètre de profondeur correspond à 1000 ans», souligne-t-il.

Une des particularités du bois de tourbière, c’est son aspect de carbonisation lui donnant l’allure de gros morceaux de charbon.

«Ces bois sont en processus de fossilisation. Il est plus difficile à travailler, car lorsqu’on le retire du sol, il a été tellement compressé qu’il cherche à se décompresser et éclater. C’est l’acidité du sol dans les tourbières qui permet au bois de se conserver, car les insectes ne peuvent pas y aller. De plus, l’absence d’air empêche le bois de pourrir», explique M. Harton.

Tout comme pour les bois de mer, une section du bois de tourbière est laissée telle quelle.

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