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Garderie les bouts de papier: une éducatrice spécialisée congédiée témoigne

vendredi le 21 mai 2021
Modifié à 12 h 36 min le 26 mai 2021
Par Vicky Girard

Le Reflet - Vicky Girard

Au lendemain de la publication d’un article rapportant une quarantaine de plaintes de parents à l’égard de la Garderie les bouts de papier à Sainte-Catherine, une éducatrice spécialisée raconte avoir été aux premières loges de la dégradation des services et des compressions budgétaires, qui lui ont coûté son emploi. Véronique Favreau se souvient avoir été congédiée le 19 mars, alors qu’elle était en vacances, soit environ un mois après l’arrivée de la nouvelle propriétaire. «Ç’a été assez rapide. C’est par l’entremise de la directrice que ça s’est déroulé. Elle, elle fait vraiment son gros possible, mais elle a les mains liées», avance-t-elle. Mme Favreau était responsable d’un enfant aux besoins particuliers d’environ 4 ans qui nécessitait une surveillance constante. «La nouvelle prise de possession, c’était un lundi. Déjà, le jeudi on entendait parler de mettre les deux enfants à besoins particuliers dehors parce qu’ils coûtaient trop cher. On parle d’enfants ici!» déplore-t-elle. Finalement, le gouvernement a confirmé qu’une subvention était disponible pour que leur place soit conservée. «Rendu là, c’est moi qui étais trop dispendieuse. J’étais censée m’occuper des deux enfants plutôt qu’un. Une accompagnatrice s’occupait de l’autre. Maintenant, elle est responsable des deux. Son dévouement est colossal», partage Mme Favreau. Observations L’éducatrice spécialisée affirme avoir été témoin de compressions budgétaires. «Au début, elle voulait couper sur le lait donné aux enfants le matin, soutient-elle. Ça n’a pas de bon sens.» Mme Favreau confirme que le poste de la cuisinière a été réduit à raison de 30 heures par semaine, une situation soulevée par plusieurs parents au Reflet. «Je suis encore en contact avec d'anciennes collègues et il semblerait que maintenant, ça va mieux sur cet aspect et qu’il n’y a plus de limite pour le budget de la nourriture. Mais moi, je l’ai vue surchargée pour préparer les fruits le matin, les dîners pour tous, les collations, la vaisselle. C’est beaucoup, mais elle s’organise bien», détaille-t-elle. L’ancienne employée de la garderie affirme également qu’avant qu'elle soit remerciée, il y avait une personne pour couvrir les temps de pause des éducatrices. Celle-ci a également été «coupée», dit-elle. «Cela crée un enjeu de sécurité quand les filles prennent leur pause. Ce sont des conditions difficiles hors de leur contrôle. Ça n’a rien à voir avec leur travail, elles font tout ce qu’elles peuvent», partage-t-elle. Selon Mme Favreau, il n’y a pas d’équipe de nettoyage et les éducatrices doivent s’en charger. Un parent, Steve Young, a aussi dénoncé ce manque. Le Reflet a de nouveau tenté de communiquer avec la propriétaire, Zhou Qin Mao, qui, selon le Registraire des entreprises du Québec, possède deux autres garderies à Longueuil et à Saint-Jean-sur-Richelieu. Le Journal n'a toujours pas eu de réponse. Personnel dévoué Comme cela a été rapporté, les parents qui se sont exprimés publiquement ne blâment pas le personnel. La directrice, jointe par le Journal, ne confirme pas ce qui a été avancé en ce qui a trait aux services de la garderie ou au congédiement de Mme Favreau. Toutefois, elle tient à souligner le travail et le dévouement des éducatrices, qui  «sont présentement prises dans un gros tourbillon».

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