Intimidée

Par Hélène Gingras
Intimidée

Le billet du 30 septembre 2015 de Hélène Gingras.

Avez-vous déjà subi de l’intimidation?

J’étais en 2<V>e<V> année, je crois. Je retournais à l’école à pied après avoir dîné à la maison. En tournant le coin de la rue, j’avais vu

des élèves qui flânaient à l’extérieur de la cour d’école. Dont un garçon que ma mère gardait de temps à autre. On ne pouvait pas prédire s’il allait bien ou mal tourner à l’âge adulte…

Quand j’étais arrivée à sa hauteur, il m’avait barré le chemin. Physiquement. Déjà, j’étais apeurée. Aussi ahurie par son culot. Sachant que ça pouvait se savoir facilement. Il suffisait que je le dise à ma mère pour qu’elle le raconte à la sienne. Et qu’il se fasse disputer. Mais est-ce que j’allais en subir les conséquences à mon tour par la suite?

Sans chercher la confrontation parce qu’il était beaucoup plus vieux et plus fort que moi, j’avais tenté de le contourner sans éclat. En vain. Il revenait chaque fois me barrer le chemin. Pour m’empêcher de passer.

Je me souviens d’avoir paniqué. D’avoir eu peur de lui. Qu’il m’attrape. M’agresse physiquement. Mon stress était augmenté par la peur d’arriver en retard en classe.  Et de me faire disputer. Ou de devoir m’expliquer.

Au bout de quelques instants, il m’a finalement laissé passer. En riant. Comme si c’était une blague. Que lui seul avait trouvée drôle.

La scène ne s’est jamais répétée pour moi. Et je n’ai pas d’autres souvenirs d’avoir été intimidée à l’école. J’étais plutôt douée en classe et sociable à l’extérieur. Rien pour attirer les mépris. Je jouissais d’une certaine sympathie. Contrairement à d’autres…

Plus souvent qu’à son tour, Lucie a été le bouc émissaire d’autres enfants. D’appels obscènes – pour ne pas dire ridicules – à la maison. L’objet d’insultes ou de moqueries inacceptables. Et surtout sans raison. Comme c’est souvent le cas.

Quand j’ai été assez vieille pour m’en rendre compte, je prêtais l’oreille discrètement quand j’étais en sa présence. Pour sa part, elle évitait ses bourreaux et continuait son chemin sans trop faire bruit. Elle avait appris à vivre ainsi.

Jamais elle n’a été intimidée devant moi. C’était à mon insu. Parce que je serais sortie de mes gonds pour me porter à sa défense.

Les intimidateurs le savaient. Parce qu’ils sont lâches et hypocrites. Ils s’en prennent à seulement plus faibles qu’eux. Après les avoir isolés.  Et à l’abri des regards qui les condamneraient.

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