La campagne de désinformation de géants du web

La campagne de désinformation de géants du web
(Photo : Le Reflet - Audrey Leduc-Brodeur)

L’automne dernier, les médias d’information écrits du Canada ont fait front commun pour presser le gouvernement fédéral à se joindre aux démocraties du monde entier pour lutter contre la dominance de Google et de Facebook.

Nous avons proposé le rapport Niveler les règles du jeu en matière de numérique pour contrer les pratiques monopolistiques de ces géants étrangers du web qui privent nos journaux d’importants revenus nécessaires au financement du vrai journalisme.

Google et Facebook ont répliqué en produisant de la désinformation.

La plus récente illustration se trouve dans une lettre que Google a fait parvenir à l’ensemble des députés à Ottawa dans le cadre d’une dispendieuse campagne de lobbying mondiale.

Contrairement aux dires de Google, nous tenons à souligner que notre regroupement représente les éditeurs de publications d’informations quotidiennes, régionales, communautaires et ethnoculturelles réunissant plus de 90% du lectorat des médias d’information au Canada.

Google prétend ne pas avoir provoqué «la perturbation du modèle économique des journaux», suggérant avec dédain que les médias traditionnels ne sont pas restés à l’affût des nouvelles technologies. C’est faux. Les petits et les grands éditeurs de journaux canadiens ont été à l’avant-garde des nouvelles technologies en proposant rapidement à leurs lecteurs des produits adaptés aux différentes plateformes numériques disponibles sur le marché.

Google affirme également qu’elle «ne fait pas de revenus significatifs avec les nouvelles». L’entreprise a engrangé plus de 200 milliards $ canadiens de revenus en 2019…

Elle ne reconnaît pas non plus qu’elle et Facebook recueillent ensemble 80% de tous les revenus publicitaires en ligne au Canada.

Les omissions de Google sont délibérées, et délibérément trompeuses. Par exemple, Google écrit qu’elle «ne fixe pas les prix des annonces… [ceux-ci] sont déterminés par des enchères en temps réel». Dans les faits, Google utilise sa taille, sa richesse et sa mainmise sur le marché pour contrôler toutes les étapes de l’achat et de la vente de publicité numérique.

Depuis 2001, Google a acquis de manière agressive des entreprises de technologie de publicité numérique qui représentaient une menace.

Google est l’enchère, le commissaire-priseur, le produit, l’acheteur et le vendeur.

Mettre fin aux abus de pouvoir

L’Australie est à mettre en place des mesures concrètes pour assurer l’existence d’un marché en ligne équitable pour les médias de ce pays. Cette approche devrait être adoptée par le gouvernement du Canada. C’est d’ailleurs la principale recommandation de notre rapport. Elle ne nécessite aucun financement public, aucune nouvelle taxe, ni aucun frais d’utilisation pour les consommateurs.

À titre d’éditeurs de presse, nous continuerons à défendre les intérêts des communautés que nous desservons, à nous battre pour les vrais journalistes de nos salles de rédaction qui rapportent de vraies nouvelles.

Nous espérons pouvoir compter sur l’appui des députés canadiens afin d’adopter les mesures législatives proposées par notre regroupement.

John Hinds, président et directeur général de Médias d’Info Canada

Julie Voyer, PDG Gravité Média

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