La loterie de la vie

La loterie de la vie

Il n'y pas que l'argent qui enrichit la vie.

Voici le billet du 5 juillet 2017 d’Hélène Gingras, chef de contenu des hebdos Le Reflet et Coup d’oeil.

Avez-vous déjà remporté un gros lot à la loterie?

C’est mon père qui achète et valide mes billets de Lotto 6/49 chaque semaine. En même temps que les siens. Je pense vous l’avoir déjà confié. C’est une espèce de contrat entre nous deux. En souvenir du temps où il allait parfois au garage quand ma voiture avait besoin de réparations.  

Que ce soit lui ou moi qui gagne un petit montant, il réinvestit le tout pour le prochain tirage. Quand il n’a plus d’argent pour acheter des billets, il m’appelle ou me laisse un message sur le répondeur pour me dire que «la banque est vide».

De temps à autre, j’allonge quelques dollars pour me procurer un Lotto Max. Les fois, par exemple, où le montant à tirer est plus significatif.

Dans un cas comme dans l’autre, je sais pourtant que mes chances sont infiniment infimes de devenir millionnaire. N’empêche…

Pourtant, je sais pertinemment que j’ai gagné à la loterie depuis longtemps. Je suis une gagnante à la loterie de la vie. À défaut de la loterie gagnant à vie. Et à de nombreuses reprises jusqu’ici.

Plus je vieillis, plus je me rends compte de la chance que j’ai. D’être née en parfaite santé. Sans aucun handicap ni maladie. Idem pour les gens de mon entourage. J’ai aussi la chance d’avoir encore mes parents à mes côtés. Qui sont encore en relativement bonne santé. Malgré leur âge avancé.

Je n’ai développé rien de grave jusqu’à maintenant. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Je pense à un proche qui a combattu un mélanome de la peau cancéreux. À Sonia qui vit depuis quelques années avec la sclérose en plaques. Qui a mon âge. À Daniel et sa blonde qui ont deux enfants autistes. Aucun d’entre eux n’a joué plus que moi avec les dés du destin. Mais c’est tombé sur eux.

J’ai aussi la chance d’être née dans un pays démocratique. Qui offre une égalité professionnelles des chances aux gens, peu importe leur sexe ou la situation sociale de leur famille. Qui fait preuve de tolérance et d’ouverture. Où je me sens en sécurité de sortir pratiquement partout la plupart du temps.

Je vis dans une province qui offre des filets sociaux, comme l’assurance-maladie et l’éducation gratuite.

Tout ça me rend riche.

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