La pandémie a raison d’une boutique à La Prairie

Par Vicky Girard
La pandémie a raison d’une boutique à La Prairie
Pour liquider sa boutique, Isabelle Pilotte appliquera des rabais et organisera des ventes de sacs. (Photo : Facebook - La p'tite curieuse)

Les rêves d’Isabelle Pilotte s’éteindront avec la fermeture de son commerce qui comprend la friperie La p’tite curieuse et la boutique ésotérique Totem et tarrot, à La Prairie, en octobre. Elle doit cesser ses opérations, mises à mal par la COVID-19 ces derniers mois.

La raison principale de la fermeture est le prix du loyer de l’ordre de 1 395$ par mois, soit 1 200$ plus taxes, dit-elle. Son bail se terminant en octobre, Mme Pilotte dit n’avoir d’autre choix que de le résilier. Elle affirme que la propriétaire ne veut pas appliquer la mesure gouvernementale qui lui permettrait de payer seulement 25% du loyer pendant trois mois. Or, la propriétaire qui a joint Le Reflet, laisse savoir qu’elle s’était engagée à lui faire bénéficier de la mesure gouvernementale au début de la pandémie. À ce jour, aucune entente n’a été conclue.

Mme Pilotte laisse également savoir qu’elle n’en était pas à l’étape de se verser un salaire depuis l’ouverture de son entreprise en 2018, ce qui rend sa situation personnelle encore plus difficile. Elle ajoute n’avoir aucun employé.

«La PCU [Prestation canadienne d’urgence] pendant trois mois n’a pas couvert les frais de mon local et de mon hypothèque personnelle. Ce n’était pas assez, j’ai dû aller à l’aide alimentaire», confie Mme Pilotte.

«Je sais que je m’en vais m’emmerder dans un autre emploi quand je vais fermer.»

-Isabelle Pilotte

La fin pendant l’ascension

Mme Pilotte rêvait depuis environ 10 ans d’avoir sa boutique.

«Partout où j’ai travaillé avant dans ma vie, je ne m’étais jamais épanouie comme ici, où je sens que je suis vraiment à ma place.», admet-elle.

Peu de temps avant le confinement, son commerce «commençait à bien aller».

«Ça va encore bien depuis le retour, mais je ne peux pas assumer tous les frais qui s’en viennent», dit-elle.

Néanmoins, elle n’a pas investi en mesures sanitaires dans sa boutique en installant, par exemple, du plexiglas comme l’ont fait d’autres commerces. Mme Pilotte explique qu’il y a rarement plus de quatre clients à la fois dans son magasin. Ceux-ci portent le masque et doivent se désinfecter les mains à l’entrée. De plus, elle constate que les gens sont respectueux des consignes de distanciation.

Dons

Pendant une partie de la pandémie, plusieurs friperies de la région, dont la Corne d’abondance à Candiac et celles du Complexe le partage à La Prairie et Saint-Constant, ne prenaient plus les dons.

«J’ai vu que beaucoup cherchaient un endroit où aller en porter. Je leur ai écrit pour qu’ils me les amènent. Je me suis retrouvée avec une quantité incroyable. C’était fou!» raconte-t-elle.

Mme Pilotte se réjouit donc d’avoir beaucoup de vêtements à vendre jusqu’à la fin de son aventure d’entrepreneure.

Elle compte toutefois garder son site Web, mis sur pied pendant la pandémie, pour conserver sa boutique ésotérique.

«Quand la COVID-19 s’estompera, un jour où qu’il y aura un vaccin pour la contrôler, c’est certain que je veux trouver un nouveau local et reprendre», dit-elle.

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Lyne
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Lyne

Pourquoi la propriétaire ne veux pas appliquer la mesure???? C est conçu justement pour ça. Informer vous.

Hélène Gingras
Admin

Celle-ci nous a contacté pour contredire cette information, ainsi que le coût du loyer. Une mise à jour a été faite dans l’article.

Vieve
Guest
Vieve

Malgré les programmes d’aide financière mis en place par les gouvernements, ça ne convient pas à toutes les entreprises. J’ai aussi pris la décision de fermer mon entreprise (14 ans) plutôt que de me rendre malade à vouloir la sauver.