La sculptrice France Sabourin rend hommage aux créateurs

Par Joëlle Bergeron

«Pratiquement tous les objets autour de nous sont le fruit de l’imagination de quelqu’un. Le ventilateur existe parce quelqu’un en a eu l’idée et l’a créé. Avec mes œuvres, je fais l’éloge de ces créateurs à ma façon», explique l’artiste France Sabourin, qui confectionne des sculptures à partir de pièces de métal recyclées.

Avec elle, les spatules se transforment en ailes d’oiseau, les boutons deviennent des écailles et les tuteurs à tomates, des corps de poisson. Et pour se donner plus de liberté – ou se compliquer la tête, c’est selon –, l’artiste utilise la couture et non la soudure pour assembler ses morceaux.

«En soudure, ce ne sont pas tous les matériaux que tu peux souder ensemble et comme je ne veux avoir aucune contrainte, je me donne le défi de faire autrement», indique Mme Sabourin.

De la peinture à la sculpture

D’aussi loin qu’elle se souvienne, France Sabourin a toujours aimé démonter les moteurs, bicyclettes et machines à coudre pour les remonter autrement. Malgré cette passion, elle a opté pour la peinture après son DEC en arts plastiques au cégep Saint-Laurent.

Celle qui a peint pendant 20 ans a troqué les pinceaux pour les métaux parce qu’elle estime que la sculpture est moins intime. Avec ce médium, elle laisse parler les objets, alors qu’en peinture, elle avait l’impression de davantage se raconter.

D’un point de vue logistique, la résidente de Saint-Mathieu-de-Beloeil dit pouvoir accumuler plus d’objets pour ses créations depuis qu’elle a troqué son appartement du Mile-End pour une maison en banlieue.  

«Mon atelier ressemble à une vraie caverne d’Ali Baba, confie-t-elle. Il y a des trésors que je refuse de laisser mourir à la scrap, alors j’accumule en me disant que je vais un jour m’en servir pour une œuvre.»

Réutiliser

Celle qui crée à partir de vieux objets ne cache pas le faire par souci écologique. Bénévole au comptoir de son église, elle avoue donner une seconde vie à bon nombre d’objets qui, autrement, prendraient le chemin du dépotoir.

«Des pitounes de bingo, plus personne ne se sert de ça depuis qu’il y a les étampes!, fait-elle remarquer. Je te parle de ça, mais avec l’évolution de la société de consommation, c’est fou le nombre de choses dont on ne se sert plus qui finissent aux poubelles.»

Où peut-on voir les œuvres de France Sabourin?

-:À la bibliothèque Léo-Lecavalier à La Prairie jusqu’à la fin du mois d’avril.

-Au Rendez-vous des gosseux les 21 et 22 mai à Québec.

-Au Kaput! Festival des artistes récupérateurs les 27 et 28 août à Beloeil. 

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