La tente-roulotte

La tente-roulotte

Contrairement à celle-ci

Voici le billet du 19 juillet 2017 d’Hélène Gingras, chef de contenu des hebdos Le Reflet et Coup d’oeil.

Quels sont vos plus beaux souvenirs de vacances?

Pendant deux étés de ma jeunesse, mes parents avaient loué une tente-roulotte pour nos vacances. La première fois, nous étions allés faire le tour de la Gaspésie en famille. L’année d’après, on avait pris la direction de l’Ontario. Les deux fois, ma grand-mère nous accompagnait. C’est sans doute pourquoi aussi ces moments figurent parmi mes plus beaux souvenirs de vacances.

J’aimais bien passer du temps avec elle. Tout était facile avec ma grand-mère. Jamais elle ne se plaignait. J’aimais surtout la voir sourire. Je réalise en l’écrivant que j’adorais loger ma petite main dans la sienne pendant nos visites aux musées, parcs et autres attractions.

Pour revenir à la tente-roulotte, je me souviens de l’excitation que nous avions ressenti ma sœur Lucie et moi quand mon père l’avait garée dans l’entrée de la maison. C’était Noël. En plein été. Avec un cadeau plus grand que nature.

La journée précédant le départ, on passait notre temps à y monter et à en descendre. On s’appropriait les lieux. On y jouait aux cartes. On y lisait. Parfois, il faisait trop chaud pour rester à l’intérieur, mais on résistait à l’envie de sortir. Comme un Bernard-l’ermite qui refuse de quitter sa maison. On ouvrait les fenêtres dans l’espoir vain d’avoir une brise. En plus, mes parents nous permettaient d’y dormir. Dans le stationnement. C’était magique.

Je me souviens de l’odeur caractéristique quand on entrait dans la tente-roulotte. Une odeur d’humidité de toile en tissu mal séchée. Je me rappelle aussi de la table de cuisine qui se pliait pour devenir un lit. Le nôtre ou celui de ma grand-mère. Du lavabo minuscule. Des minces matelas de lit.

Quand venait le temps de plier la toile pour refermer la tente-roulotte, je suppliais mon père de me laisser tourner la manivelle. J’étais fascinée à l’idée de voir cette maison mobile se refermer sur elle-même. Diminuer de moitié. En l’espace de quelques minutes.

Pendant nos vacances, cet étroit refuge pour une famille de six n’était pas toujours de tout repos. Ni n’offrait toute l’intimité nécessaire. Pour une enfant de mon âge, ça importait peu.   

Je n’ai plus jamais voyagé à bord d’une tente-roulotte depuis. Il m’arrive en cachette d’avoir un pincement au cœur quand je croise une famille dans une halte-routière. Avec son pique-nique.

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