L’année particulière des élèves en classe adaptée

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Par Audrey Leduc-Brodeur
L’année particulière des élèves en classe adaptée
Alexandre Baril et Armando Tuya-Rios font partie de la Formation préparatoire au travail de l'école secondaire de la Magdeleine à La Prairie. (Photo : Gracieuseté)

La lumière dans les yeux des élèves de la classe adaptée de Christine Rochon ne s’est pas éteinte pendant la pandémie, bien que les effets de cette dernière l’aient un peu assombrie. L’éducatrice spécialisée à l’école primaire de l’Aquarelle-Armand-Frappier à Saint-Constant et d’autres accompagnateurs témoignent de la résilience dont font preuve leurs élèves depuis le début de la crise.  

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«Je suis très fier d’eux! Il y a évidemment eu des changements, mais ils s’y ajustent très bien», fait savoir celle dont le groupe est formé de jeunes au cheminement particulier.

En entrevue par visioconférence, ces derniers s’ouvrent avec facilité sur la façon dont ils vivent cette année particulière.

«Malgré la situation, j’aime mon année scolaire et être en classe avec les autres», confie Miekiel Delius Ceasar. Selon Samuel Mainville, les récréations sont toutefois moins agréables, «car on ne peut pas se promener partout et on doit rester en zone fermée».

«Chaque jour, les jeunes en adaptation scolaire viennent à l’école avec le sourire, malgré les circonstances.» -Marie-Andrée Grégoire, enseignante

Leur éducatrice spécialisée en convient; l’éventail de possibilités pour les divertir et les éduquer a été limité dans les derniers mois.

«Les marches à l’extérieur ont été plus fréquentes. L’Halloween n’a pas pu être fêtée comme à l’habitude, par exemple. Mais même si c’est différent, c’est une belle année quand même», résume-t-elle.

L’adaptation a dû se faire dans tous les secteurs. Des changements comme la fermeture de la bibliothèque peuvent avoir un impact sur le quotidien des élèves de classes spécialisées, révèle l’éducatrice.

«L’idée est de faire comme si de rien n’était afin de leur offrir la vie la plus normale possible à l’école et ça fonctionne», s’exprime-t-elle avec satisfaction.

Respect des mesures

Gilles Demers, enseignant en adaptation scolaire à l’école secondaire de la Magdeleine à La Prairie, partage ce sentiment. Il insiste sur la capacité d’adaptation de ses élèves en classe spécialisée malgré les changements brusques auxquels ils ont été confrontés.

«Ils ont très bien intégré le concept des mesures sanitaires. Le lavage des mains va rester, j’en suis sûr. Le port du masque aussi», affirme celui qui développe essentiellement les aptitudes sociales et manuelles de ses jeunes au cheminement particulier.

Ceux-ci ont dû faire le deuil de certaines des tâches dont ils s’acquittaient avec dévouement. Ils ne peuvent plus s’occuper du ménage de la cafétéria après le passage des autres élèves et sont limités au nettoyage des cabarets. La confection des plats a aussi été freinée. Ils n’ont pas été abattus pour autant, souligne toutefois l’enseignant.

Enseignement à distance

Ce sont plutôt les semaines confinées à la maison, au printemps 2020 et au retour des vacances des Fêtes en 2021, qui ont été plus difficiles, fait savoir sa collègue.

«L’expérience en classe est toujours positive pour eux, alors c’est sûr que certains ont souffert de la distance», affirme l’enseignante Marie-Andrée Grégoire.

M. Demers a lui-même appris à composer avec les aléas de l’enseignement virtuel.

«J’ai suivi cinq formations pour mieux utiliser la technologie mise à notre disposition et, même à ce jour, je ne me sens pas complètement à l’aise», confie-t-il, à l’instar de certains de ses élèves qui ne sont pas en mesure d’ouvrir leur session à l’ordinateur seul.

«On a toujours essayé de garder un lien positif avec eux et de leur donner le meilleur service possible. Ceux qui n’avaient pas de portable ont été équipés», explique l’enseignant.

L’accompagnement des parents à la maison a aussi été sollicité exceptionnellement pendant les rencontres virtuelles. La formule des cours magistraux a été mise de côté durant cette période.

Les professeurs interrogés croient que les élèves demeureront marqués par l’expérience de la dernière année, mais pas négativement.

Formation préparatoire au travail

Enseignante à la formation préparatoire au travail à l’école secondaire de la Magdeleine à La Prairie, Véronique Savoie déniche des stages pour les élèves en adaptation scolaire. La recherche a été plus compliquée cette année, puisque la plupart des employeurs ont eux-mêmes dû fermer leurs portes pendant la pandémie.

«Les restaurants et les garderies, entre autres, ont parfois interrompu leurs services, fait-elle remarquer. La bonne nouvelle, c’est que les élèves placés se sont très bien adaptés à l’équipement et aux mesures sanitaires sur place.»

Mme Savoie salue aussi l’ouverture des milieux de travail qui les ont accueillis dans le contexte actuel.

 

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