Le côté obscur de la force

Par Hélène Gingras
Le côté obscur de la force

Le billet du 20 janvier 2016 d’Hélène Gingras.

Vous arrive-t-il d’éprouver des envies contradictoires?

Je n’en suis pas à ma première confidence dans cette colonne. Soit. Je vais vous en faire une autre. Une dont je ne suis pas particulièrement fière. Il m’arrive aussi de sombrer du côté obscur de la force. D’avoir des envies qui sont contraires à mes valeurs. À ma façon de vivre. À ce que je prône.

L’autre soir, j’ai créé une véritable commotion auprès de mon équipe de dekhockey. Alors qu’on discutait en s’habillant, j’ai avoué à voix haute que je serais prête à jeter les gants si on me provoquait. Ou si on me frappait. Immédiatement, les cris ont fusé. Tout le monde s’est étonné. «Pas toi Hélène!»  Encore plus quand j’ai renchéri que j’éprouverais sans doute le sentiment de m’accomplir. De réaliser quelque chose. Appelez-le fantasme ou autre, ça n’a pas d’importance.

C’est pourtant à l’antipode de qui je suis. De la façon dont je joue. J’ai zéro le profil d’une joueuse malicieuse ou mal intentionnée. Qui veut blesser l’autre. Je ne me souviens pas d’avoir donné le premier coup.

Au contraire, quand je suis victime d’un coup déloyal, j’essaie de canaliser ma colère, mon agressivité. J’essaie de jouer encore mieux. De batailler plus fort pour ressortir du coin avec la balle. Et j’en retire généralement la plus grande satisfaction parce que ça fonctionne souvent.

Puis, c’est tout à fait ridicule de vouloir se battre. Je méprise les joueurs de hockey qui le font. Et encore plus les partisans qui les encouragent à se taper dessus. Je trouve ça primaire. Bestial. D’aucune utilité pour le spectacle. Et que dire de deux femmes qui se frappent? C’est encore moins élégant. D’une tristesse sans nom.

Et ce, sans parler des conséquences. Des traumatismes possibles. Parce que je tiens à pouvoir rentrer au travail le lendemain matin. Sans œil amoché. Ou doigt cassé.

Je fais du sport parce que j’aime ça. Mais je n’ai pas choisi de monter dans un ring de boxe ni de kickboxing. Si ça me démangeait autant, je prendrais un cours. Je m’entraînerais. Parce qu’il y a d’excellents profs dans la région.  

Malgré tout, dans le feu de l’action, quand l’adrénaline est à son comble et que les esprits sont échauffés, il suffirait de quelques étincelles de plus pour que je cède à l’impulsion. Heureusement, je laisse rarement ma voix de la raison à la maison.

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