Le couvre-feu vu par les autorités

Par Vicky Girard
Le couvre-feu vu par les autorités
Les policiers étaient présents dans les rues du territoire lorsque le couvre-feu est entré en vigueur, le 9 janvier. (Photo : Le Reflet - Denis Germain)

Parmi les nouvelles mesures annoncées par le gouvernement entourant le confinement prolongé jusqu’au 8 février, le couvre-feu a fait jaser et couler beaucoup d’encre. Cette consigne est appliquée par les policiers dans la province. La Régie intermunicipale de Roussillon en est responsable dans la région.

La présidente de la Régie intermunicipale de police Roussillon, Jocelyne Bates, déplore que le corps policier ne soit jamais au courant des mesures à appliquer en avance.

«Le service de police en a beaucoup. On se fait dire que la police doit appliquer telle et telle chose, mais elle n’est pas là juste pour cela. On comprend qu’il faut se tourner vers quelqu’un pour s’assurer que les consignes gouvernementales soient respectées et ça, je n’ai pas de problème avec ça, mais il faut s’organiser», confie-t-elle.

Mme Bates croit également que cette fois-ci, avec le couvre-feu, ce sera plus facile pour les agents de la paix, car le message est clair.

«Si tu es dehors de la maison à partir de 20h, il va falloir que tu sois capable de le justifier. Alors que les autres mesures à appliquer depuis mars n’étaient pas aussi précises», soutient-elle.

Elle ajoute que ce sera à la discrétion des policiers, ultimement.

«Rien à voir avec la crise d’Octobre»  

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Alors que les comparaisons entre la crise sanitaire présente et celle d’Octobre en 1970 ont fusé de toutes parts, Julien Giguère, ancien lieutenant-détective chargé du renseignement à la Section antiterroriste (SAT) de la police de Montréal, croit que le parallèle entre les deux périodes historiques ne s’applique pas en termes de mesures légales.

«Il n’y avait pas de couvre-feu en 1970. Ce qu’on vit, ça n’a rien à voir avec la crise d’Octobre du point de vue des autorités», dit-il.

Ainsi, le dernier couvre-feu comparable qui a été en vigueur au Québec remonte à l’époque de la grippe espagnole, en 1912.

M. Giguère insiste sur le fait que la Loi sur les mesures de guerre était dirigée vers les «terroristes» et non pas les citoyens comme c’est le cas avec les consignes de la Santé publique.

«On veut empêcher les gens de sortir en ce moment. À l’époque, on voulait entrer dans la maison de criminels pour les arrêter et pour leur détention», soutient-il. Pour lui, il est improbable qu’une telle situation se reproduise en 2021.

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