Le dernier des clubs vidéo à Châteauguay

Le dernier des clubs vidéo à Châteauguay

Marie-Soleil Labonté et Philippe Ladouceur s’adonnent au plaisir de choisir un film dans le club vidéo à Châteauguay.

Crédit photo : Andrew Clark

Dans les années 1990, la Ville de Châteauguay avait près de six clubs vidéo sur son territoire. Maintenant, il n’en reste plus qu’un seul situé sur le boulevard D’Anjou. Est-ce que l’époque où l’on lisait le résumé du film derrière la pochette s’éteindra bientôt? 

On peut observer une tendance au divertissement en streaming en survolant le Portrait numérique des foyers québécois, une étude réalisée par CEFRIO, organisme de recherche à but non lucratif mandaté par le gouvernement du Québec. Selon ces données, de 2016 à 2018, le taux d’abonnement à au moins un service payant pour visionner des films ou des séries sur internet est passé de 40 % à 56 %. De plus, 40 % des Québécois ayant une connexion Internet à la maison détiennent un accès à Netflix en 2018. 

Selon Daniel Mc Sween, propriétaire du Super Club Vidéotron à Châteauguay, les gens ont accès à plus d’applications, mais les coûts pour s’abonner s’additionnent et ça augmente les coûts pour se divertir. Il peut remarquer que le virage numérique s’est rapidement amorcé puisque l’achalandage de sa boutique de téléphonie mobile à même son club vidéo est plus marqué. « Certains de mes clients disent que c’est agréable de sentir l’odeur du pop-corn, et qu’ils trouvent ça dommage qu’il n’y ait plus autant de club vidéo, mais eux-mêmes ne fréquentent plus autant le club vidéo », se désole Mc Sween qui a aussi possédé le club vidéo Principal en 1990 à Châteauguay. 

Actuellement, son commerce contient environ 40 000 titres comparativement à Netflix qui en offre approximativement 10 000 qui sont en rotation régulièrement. En 2014, le Super Club Vidéotron de Châteauguay compilait 166 000 locations annuellement. Cette année, c’est à peine 33 000 locations de film et de série. 

Au début des années 1990, il y avait plus de six clubs vidéo (si l’on compte la période des machines distributrices de films en location), selon M. McSween et Éric Laparé, conseiller aux communications à la Ville de Châteauguay et natif de cette municipalité. Le Blockbuster de Châteauguay aurait fermé boutique entre 2007 et 2010. 

Aujourd’hui, il ne reste plus qu’un Blockbuster situé dans une petite ville nommée Bend dans l’Oregon, aux États-Unis, rapporte TVA Nouvelles. 

Ce qu’en disent les jeunes 

«Je n’aime pas les séries sur Netflix. C’est bizard, mais j’aime mettre un DVD dans un lecteur. Je trouve ça vraiment plate qu’internet vienne prendre toute la place. Ça fait plein d’emploi perdu », commente Marie-Soleil Mongeau, 15 ans, de Châteauguay, qui fréquente souvent le club vidéo. 

Pour Louis Booth, 29 ans, croit que le club vidéo lui offre plus de choix. « Ça me fait de la peine qu’il y ait de moins en moins de club vidéo. J’ai vécu toute ma jeunesse dans ces clubs », laisse-t-il entendre. Quant à une autre adolescente âgée de 14 ans, elle n’utilise pas l’application Netflix puisqu’elle n’est pas intéressée par les films que suggère la plate-forme, elle préfère aller au cinéma. 

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