Le roi de la montagne n'est plus

Le roi de la montagne n'est plus

Le billet du 23 décembre 2015 d’Hélène Gingras.

Je vous ai déjà dit que j’avais deux chats?

Je conjugue le verbe à l’imparfait. Parce que c’est ce que je dois faire depuis quelques jours. Tabby, Tab Tab ou mon gros n’est plus. Après des mois à m’inquiéter, il est passé du côté du paradis. J’ai dû me résoudre à le faire euthanasier parce qu’il était malade. Et que rien ne pouvait être fait.

Il est mort tout doucement sans bruit, comme le gros chat doux et docile qu’il était. Je le précise parce que ça ne va pas toujours de soi. Pour Dingo, mon premier chat, ça ne s’était pas du tout passé ainsi. Une exception sans doute…

Tabby s’est endormi doucement, le nez dans sa couverture préférée. Celle sur laquelle il a passé les derniers jours de sa vie. Celle sur laquelle je l’ai veillé pendant la dernière nuit parce qu’il piétinait sans relâche dans mon lit. Incapable, on aurait dit, de trouver une position confortable pour se coucher. J’ai dû me résoudre à aller sur le divan. Il s’est lové entre mes jambes comme il le faisait chaque soir depuis plusieurs mois. Mes mains sur ses flancs. Les doigts enfouis dans sa fourrure épaisse. M’offrant un petit moment d’éternité avec lui.

Tabby, c’était le roi de la montagne. Parce qu’il aimait se coucher sur des coussins, des oreillers, au-dessus du divan. À notre tête dans le lit la nuit.

Je n’ai jamais regretté de l’avoir cueilli à la fourrière avec une autre chatte, il y a presque 11 ans. Je n’ai d’ailleurs jamais compris pourquoi son maître de l’époque s’en était départi. Tant c’était un bon chat.

Je lui ai donné sa deuxième chance. En lui offrant une très belle vie. Des gâteries et de l’affection en permanence. À son tour, mon ex m’a offert une deuxième chance en me le laissant. Et j’ai largement profité de chaque moment.

N’empêche que j’ai le cœur en bouillie. Parce que mon animal de compagnie est parti. Si les chats sont reconnus pour avoir des habitudes, j’en étais sûrement un dans une autre vie. Parce que j’ai perdu mes repères. Je dois faire un deuil. De le brosser tous les matins. De l’apercevoir en haut de l’escalier. De sentir son odeur. De le flatter longuement.

Du haut du ciel, j’espère que tu te reposes Tabby. Tu l’as bien mérité. J’espère aussi que tu continues de garder la maison.

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