Le sol de la région révèle des bouts d’histoire

Par Hélène Gingras
Le sol de la région révèle des bouts d’histoire
À Candiac, les fouilles ont eu lieu à proximité de la Maison Melançon, au parc André-J.-Côté.

Les fouilles publiques d’archéologie menées à la Maison Hélène-Sentenne à Candiac et au RécréoParc à Sainte-Catherine, les 3, 4, 10 et 11 août ont permis de déterrer une partie du passé. Les archéologues doivent maintenant en interpréter le sens.

«On va être occupé une partie de l’hiver à faire des analyses en laboratoire. Par la suite, on va fournir un rapport détaillé au ministère de la Culture et des Communications et aux Villes avec des recommandations pour la gestion du patrimoine dans la région»,  explique Frédéric Hottin, archéologue et responsable des collections du Musée d’archéologie de Roussillon.

D’après lui, les fouilles ont été concluantes. Ossements d’animaux, une pièce de monnaie indéterminée, un bout de pipe; «plusieurs centaines» d’artéfacts ont été déterrés. Le site de Candiac a été le plus fertile, alors que celui de Sainte-Catherine comportait davantage d’objets préhistoriques. Un inventaire des articles sera prochainement dressé.

De plus, l’objectif de conscientiser la population et les élus à l’histoire régionale a été atteint, croit M. Hottin. Plus de 125 personnes ont participé aux fouilles publiques, alors qu’une cinquantaine de personnes les ont observés.

«Ça veut peut-être donner l’envie aux villes de protéger leur territoire. Elles vont peut-être nous appeler pour qu’on fasse des fouilles avant des travaux pour enfouir des fils électriques, par exemple. Sinon, il y a des risques de détruire des vestiges», dit M. Hottin. Il lance aussi l’invitation aux citoyens à le contacter advenant qu’ils voient un potentiel avant des travaux chez eux.

Bilan provisoire à Candiac

«À Candiac, on ne comprend pas tout ce qui s’est passé. On sait que la maison a été rénovée et qu’il y a peut-être eu des petits bâtiments autour, comme un poulailler, une grange ou un puits, mais on n’a trouvé aucun vestige d’un autre gros bâtiment», indique-t-il.

La maison en pierres était déjà un indice que les habitants avaient les moyens parce que sa construction était dispendieuse. En raison de la découverte d’un bout de contenant en céramique avec de la glaçure verte, l’archéologue pense aussi que ceux qui s’y trouvaient au début du régime britannique étaient attachés à leurs origines.

«Le contenant est clairement une copie des modèles importés de France, mentionne-t-il. Les propriétaires étaient probablement des colons français qui voulaient continuer à vivre comme avant.»

Alors qu’ils résidaient aux abords du fleuve Saint-Laurent à l’actuel Parc André-J.-Côté, les habitants mangeaient-ils de l’oie, de la tourte ou du canard? Les analyses d’ossements d’oiseaux trouvés pourraient offrir un éclairage à ce sujet.

Surprise à Sainte-Catherine

À Sainte-Catherine, les fouilles ont eu lieu dans le secteur de la plage.

«On a découvert probablement un établissement ponctuel qui servait de camp de chasse et pêche à la fin du 17<@V>e<@$p> siècle, dévoile M. Hottin. Ça nous a surpris un peu parce qu’on ne s’attendait pas à ça. On savait cependant qu’il y avait eu une présence autochtone.»

Des matériaux de construction qui datent de plusieurs périodes laissent croire que l’endroit a eu plusieurs fonctions. Du bétail comme des chèvres pourrait aussi y avoir vécu quand cette portion de terre était une île, avant qu’elle soit reliée à la terre ferme lors de la construction de la Voie maritime.

 

Trois découvertes inusitées

Une faucille a été trouvée près de la Maison Hélène-Sentenne à Candiac, ce qui laisse à penser qu’un jardin était autrefois aménagé à cet endroit.

Au même endroit, les fouilles ont aussi permis de découvrir des scories, soit des restes de la fusion de métaux à autre température.

«Il y avait probablement une fournaise à charbon dans la maison dans la deuxième moitié du 19e siècle et au début du 20e», dit l’archéologue Frédéric Hottin.

À Sainte-Catherine, un fragment de céramique autochtone de type iroquoienne de l’an 1000 à 1600 environ a été déterré.

«Il comprend une croûte carbonisée qui pourrait être analysée et qui nous permettrait peut-être de savoir ce qu’ils mangeaient. Du poisson? Du maïs? Des plantes sauvages comme des bleuets?» lance l’expert.

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