L’église de Sainte-Catherine ne serait-elle plus qu’un satellite ?

À la suite du décès tragique de ma sœur, de mon beau-frère et de mon petit-neveu, nous avons vainement tenté de bénéficier de notre église pour la tenue de la cérémonie religieuse.

Cette demande était légitimée du fait que nos familles résident dans Sainte-Catherine depuis plus de 60 ans. Malgré cette réalité, il n’y avait pas de place pour nous. Notre église était retenue pour des activités, nous a-t-on expliqué. Retenue sans interruption durant tout ce samedi 22 avril dernier. Il a fallu nous replier sur Saint-Constant.

Je dois néanmoins préciser que l’accueil qu’on nous y a fait a été de tout premier ordre. Là n’est pas la question. Notre malaise se situait plutôt dans cette impossibilité à nous retrouver chez-nous. L’église de Saint-Constant, si belle soit-elle, ne recèle pas, pour nous de Sainte-Catherine, les valeurs qui nous animent. Nous n’y retrouvons ni notre identité, ni notre histoire, ni nos souvenirs. Nous n’y retrouvons surtout pas cette cohésion de personnes qui se sont côtoyées pendant des décennies, qui ont fraternisé, qui se serrent les coudes quand certains des leurs sont atteints de plein fouet. Tout ça nous a manqué, en dépit des efforts sentis et louables des responsables de Saint-Constant.

Loin de moi l’idée de condamner les activités qui se déroulent dans notre église. Je gratifie même le travail de titan que font les bénévoles. Mais dans la planification de ces activités, ne pourrait-on pas se référer à un plan B qui prévoirait l’imprévisible? Et pourquoi est-il relativement fréquent que nos disparus doivent cheminer vers Saint-Constant pour terminer leur course? Pourquoi l’église de Saint-Constant a-t-elle toujours de la disponibilité, contrairement à la nôtre? À mon humble avis, ces questions demandent réflexion.

Si, insidieusement, fatalement, notre église devait s’inscrire dans un rôle de salle de réunion, il faudrait de toute urgence corriger le tir et la ramener à sa vocation première. Après-tout, la fusion des trois fabriques – Sainte-Catherine, Delson, Saint-Constant – n’avait pas pour objectif l’aliénation des liens de fidélité et d’appartenance que chacun de nous nourrit envers ce phare qu’est notre église.

Rollande Bouchard-Lachaine,

Sainte-Catherine.

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